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GLV reconnaît que l'acquisition de CWT a été beaucoup plus pénible que prévu

20/09/2012 12:58 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - La direction du fabricant d'équipement industriel GLV (TSX:GLV.B) a reconnu jeudi que l'acquisition de l'entreprise autrichienne Christ Water Technology (CWT), il y a trois ans, a été beaucoup plus pénible que prévu, mais a promis d'en faire un succès à long terme.

À l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires, tenue jeudi à Montréal, le président du conseil d'administration de l'entreprise, Laurent Verreault, a reconnu qu'il s'est souvent demandé ces derniers temps si l'acquisition de CWT, au coût de 105 millions $, avait été une bonne chose.

Pour l'instant, il conclut que oui. Le prix d'acquisition — 105 millions $ — était attrayant tandis le secteur d'activités de CWT, le traitement de l'eau, apparaît fort prometteur.

Le hic, c'est que GLV a eu des mauvaises surprises en prenant le contrôle de CWT: cinq contrats de dessalement «mal structurés» et risqués, qui ont fini par devenir déficitaires. L'entreprise espère avoir complété le dernier d'entre eux d'ici la fin janvier.

Avec le recul, M. Verreault convient que CWT était peut-être une bouchée trop grosse pour GLV.

«Peut-être qu'on pourrait nous reprocher d'avoir été trop lents (pour intégrer CWT), mais que voulez-vous, c'est un secteur très complexe, c'est en Europe, c'est des langues différentes, a-t-il expliqué. On est encore une petite compagnie et on n'a pas tout le personnel qu'on devrait avoir. Peut-être que CWT était trop grosse (pour GLV), mais là, on l'a. Il faut faire un succès avec ça et on va le faire, je vous le garantis.»

En plus des problèmes internes de CWT, GLV a été frappé de front par les difficultés économiques de l'Europe et par la forte dépréciation de l'euro, qui a grevé ses revenus (calculés en dollars canadiens). Résultat: en juin, GLV a dû radier pas moins de 39 millions $ de son investissement dans CWT.

Secteurs ciblés

Devant les actionnaires, le fils de Laurent Verreault, Richard, qui est président et chef de la direction de GLV, a rappelé que depuis plus de 35 ans, l'entreprise a crû de façon «modérée» en acquérant des technologies et des entreprises, puis en les intégrant à ses activités «tout en respectant les cultures locales».

«Nous avons voulu faire les choses un peu différemment avec Ovivo (le nouveau nom de CWT) en insistant sur une croissance rapide dans une multitude de secteurs, a noté Richard Verreault. Force est de constater aujourd'hui que nous devons réaligner cette stratégie. Nous avons donc décidé d'imposer à Ovivo la même stratégie qui nous a fait croître au cours des dernières décennies: nous concentrer sur quelques secteurs que nous maîtrisons en visant une meilleure rentabilité.»

GLV recentrera ses activités de traitement de l'eau dans les secteurs où les perspectives sont les meilleures: les municipalités, l'énergie, l'électronique, les métaux, le service après-vente et les pièces de rechange.

Les autres créneaux seront abandonnés, de sorte qu'il faut s'attendre à des licenciements et à des ventes d'actifs au cours de la prochaine année. Ce retrait stratégique retranchera environ 50 millions $ aux revenus annuels de l'entreprise, qui sont de l'ordre de 650 millions $.

Le mois dernier, GLV avait déjà annoncé la suppression de 120 à 135 postes, principalement en Europe (l'entreprise emploie environ 2200 personnes à travers le monde). Des compressions budgétaires ont aussi été décrétées.

Laurent Verreault a prévenu jeudi que le redressement espéré dans la division de traitement de l'eau ne se ferait pas sentir du jour au lendemain. Il a donc demandé aux actionnaires et aux employés de GLV de faire preuve de patience.

L'autre division de la compagnie, spécialisée dans l'équipement pour l'industrie des pâtes et papiers, fonctionne aussi bien qu'une «machine à coudre Singer», s'est félicité l'entrepreneur de 71 ans.

Le secteur est néanmoins confronté à un important ralentissement de la demande, tant en Amérique du Nord qu'en Europe et même en Chine. Mince consolation toutefois: le marché des pièces de rechange se porte bien.

L'action de GLV a clôturé à 2 $ jeudi, un cours inchangé par rapport à celui de la veille, à la Bourse de Toronto.

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