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Des dizaines de morts après un raid aérien en Syrie selon des militants

20/09/2012 12:13 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Des dizaines de personnes ont péri jeudi dans l'explosion d'une station-service provoquée par une frappe de l'armée de l'air dans le nord de la Syrie, dans le dernier épisode en date de la guerre dévastatrice, selon des militants.

Ailleurs dans le pays, les rebelles ont affirmé avoir abattu un hélicoptère des forces du régime qui s'est écrasé dans une banlieue de Damas, dont les quartiers sud sont sinistrés après deux mois de combats.

En 18 mois de conflit déclenché par une révolte transformée, face à la répression, en guerre civile, 29.000 personnes ont péri dont 20.755 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Aucune issue au conflit n'est en vue en raison de la détermination des belligérants et des divisions internationales, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon déplorant que pouvoir et rébellion semblent décidés à se battre jusqu'au bout.

Dans ce contexte, des représentants d'une soixantaine de pays et de la Ligue arabe se sont réunis à La Haye pour renforcer la coordination des sanctions contre le régime du président Bachar al-Assad, que des sanctions américaines, européennes et arabes n'ont pour l'instant pas fait plier.

Dans un nouvel épisode de la spirale des violences qui ont fait au moins 90 morts jeudi dans le pays selon un bilan provisoire, une station-service a explosé après un raid aérien à Aïn Issa, dans la province de Raqa, a annoncé l'OSDH.

"Au moins 30 personnes ont été tuées et 83 autres blessées", a dit à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, dont l'organisation s'appuie sur un vaste réseau de militants et de médecins. "Mais des informations non confirmées font état de plus de 50 morts".

Selon un militant local se faisant appeler Abou Mouawiya, joint via Skype par l'AFP, la station-service "a été touchée par un avion de combat". "Cette station-service est la seule à fonctionner dans la zone et elle était pleine à craquer", a-t-il expliqué.

Compte tenu des restrictions imposées par le régime à la presse et aux organisations humanitaires en Syrie, il n'était pas possible de vérifier ces informations de source indépendante.

L'explosion de la station-service intervient au lendemain de la prise par les rebelles de Tal al-Abyad, un poste-frontière entre la province de Raqa et la Turquie, situé à une quarantaine de kilomètres du village d'Aïn Issa.

La prise de ce nouveau poste-frontière permet aux rebelles de consolider des gains territoriaux cruciaux, adossés à la Turquie, un pays qui les soutient, selon les experts. Mais les combats se poursuivaient à proximité du site.

Plus tôt dans la journée, la télévision d'Etat syrienne a annoncé le crash d'un hélicoptère militaire provoqué selon elle par un contact en plein vol avec un avion de ligne syrien qui transportait 200 passagers mais a pu atterrir sans encombre.

L'OSDH a affirmé pour sa part que l'hélicoptère avait été "abattu par des rebelles" dans le secteur de Tal al-Kurdi, près de Douma (13 km au nord-est de Damas).

Depuis le début de la révolte, la rébellion a plusieurs fois annoncé avoir abattu des hélicoptères ou des avions de l'armée, qui bombardent ses positions sur plusieurs fronts.

Appelant encore une fois à l'aide la communauté internationale, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a indiqué que des hélicoptères avaient pilonné le quartier de Hajar al-Aswad, dans le sud de Damas, qu'il a déclaré zone "sinistrée" comme ceux de Qadam, Assali ou Tadamoun après deux mois de combats accompagnés d'intenses bombardements.

Après les combats dans la capitale, les exécutions sont courantes dans les secteurs repris par l'armée où l'on continue "de découvrir des corps dans les rues", a affirmé une militante se faisant appeler Alexia.

Selon la Commission générale de la révolution syrienne, qui qualifie elle aussi le sud de Damas de territoire "sinistré", les forces du régime ont tué "plus de 200 personnes" dans cette zone depuis début septembre.

Dans la ville d'Alep (nord), les forces du régime ont continué de pilonner les quartiers rebelles et des localités avoisinantes. Le pilonnage et les combats ont aussi touché les régions de Deir Ezzor (est), Idleb (nord-ouest), ainsi que Homs et Hama (centre).

Selon un militant, un citoyen-journaliste qui diffusait des images depuis Hama sous le nom de Abou Hassan est mort brûlé mercredi dans une attaque des forces gouvernementales contre sa maison. Selon l'OSDH, l'armée a pilonné son quartier et "mis le feu à une maison".

Quatre corps calcinés sont visibles sur des images vidéo mises en ligne par des militants.

Mercredi, le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi s'est rendu à Damas, où il a réitéré l'appui "illimité" de Téhéran au régime Assad, qui veut en finir à tout prix avec la rébellion. Il a aussi rejeté, comme Moscou et Pékin, tout soupçon d'ingérence dans le conflit.

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