Place au cinéma! ... Faust, End of Watch, Retour au jeu, À moi seule, Après la neige, La vie d'une autre, Roller Town... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • END OF WATCH (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 109 min.</strong> Drame policier de David Ayer avec Jake Gyllenhaal, Michael Pena, Anna Kendrick, Natalie Martinez, America Ferrera, Cody Horn, David Harbour, Frank Grillo. Avec son coéquipier et ami Mike Zavala, l'officier de police Brian Taylor sillonne les rues malfamées du quartier multiethnique de South Central à Los Angeles, tout en filmant ses faits et gestes pour les besoins d'un documentaire qu'il souhaite présenter dans son cours de cinéma. Un peu têtes brûlées et anticonformistes, les deux flics font toutefois souvent montre de bravoure, voire d'héroïsme lorsqu'il s'agit de sauver des enfants prisonniers d'une maison en flammes. Leurs exploits font la fierté de l'épouse enceinte de Mike, ainsi que de la nouvelle petite amie de Brian. Mais c'est en débordant de leur juridiction qu'ils mettent au jour les activités criminelles d'un puissant cartel mexicain, dont un terrible trafic d'êtres humains. Dès lors, les deux intrépides policiers doivent surveiller leurs arrières. Prenant le contrepied de TRAINING DAY, dont il était le scénariste, et de STREET KINGS, dans lesquels il dénonçait la corruption policière, David Ayer rend ici un hommage vibrant et vigoureux aux vaillants représentants des forces de l'ordre. Toutefois, le recours au procédé connu du faux documentaire s'avère fastidieux. L'interprétation est de première force.

  • APRES LA NEIGE (5)

    <strong>Canada. 2012. 74 min.</strong> Drame de Paul Barbeau avec Paul Barbeau, Émile Schneider-Vanier, Isabelle O'Brien, Jean Larouche, Benz Antoine. Sa boîte de production de vidéoclips ayant été acculée à la faillite, un entrepreneur divorcé tente de donner un nouveau souffle à sa carrière, mais avant tout à sa vie personnelle. D'une part en se rapprochant de son père malade, emmuré dans le silence et l'oubli. D'autre part en renouant avec son fils adolescent, un délinquant vivant chez sa mère et qui, pour des raisons nébuleuses, refuse de le voir. Afin de bâtir un pont vers lui, il se rend à New York avec en tête un projet de documentaire sur un célèbre rappeur, idole de son fils. Cet interminable film bref sur l'amour paternel répertorie tous les symptômes du film d'auteur abscons. Le scénario minimaliste mise sur la suggestion, parti pris que la réalisation monotone de Paul Barbeau (producteur de ROMÉO ONZE) semble incapable de muer en idées de cinéma fortes. Son jeu inexpressif ne plaide pas non plus en faveur du film.

  • RETOUR AU JEU (Trouble with the Curve) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 111 min.</strong> Drame sportif de Robert Lorenz avec Clint Eastwood, Amy Adams, Justin Timberlake, John Goodman, Ed Lauter, Bob Gunton. Recruteur pour les Braves d'Atlanta, Gus Lowell se fait vieux et ses problèmes oculaires empirent. De sorte que c'est en compagnie de sa fille Mickey, une avocate tout aussi experte que lui en base-ball, qu'il évalue le potentiel de la sensation de l'heure en Caroline du Nord, le frappeur Bo Gentry, un adolescent talentueux mais arrogant. Bien que presque engagée dans une relation avec un collègue, Mickey se laisse courtiser par Johnny Flanagan, un ex-poulain de son père, reconverti en recruteur pour les Red Sox de Boston après avoir subi une blessure irréversible. Entretemps, le patron de Gus, son vieil ami Peter, réagit aux assauts d'un jeune loup qui cherche à mettre le vétéran au rancart, jugeant ses méthodes de travail dépassées. De son côté, Mickey voit son titre d'associée au sein de sa firme d'Atlanta compromis par son absence prolongée. Rien pour remonter le moral de l'ambitieuse avocate, qui a toujours souffert d'avoir été mise à distance par son père, devenu veuf alors qu'elle n'avait que six ans. Longtemps assistant-réalisateur et producteur de Clint Eastwood, Robert Lorenz fait ses débuts à la mise en scène avec ce drame sportif, sentimental et psychologique, qui ne se distingue guère par son récit, prévisible, et son traitement, très vieille école. Avec aplomb et sensibilité, Amy Adams s'impose face à Eastwood, solide en grincheux refermé comme une huître.

  • À MOI SEULE (4)

    <strong>France. 2012. 91 min.</strong> Drame de Frédéric Videau avec Agathe Bonitzer, Reda Kateb, Hélène Fillières, Jacques Bonnaffé, Grégory Gadebois, Marie Payen. Du jour au lendemain Vincent, un ouvrier solitaire, décide de libérer Gaëlle, qu'il a kidnappée huit ans plus tôt et qu'il séquestrait dans son sous-sol depuis. Réfugiée dans un centre pour personnes atteintes de troubles mentaux, l'adolescente de 16 ans se braque devant les questions d'une psychiatre bienveillante, et accueille avec une certaine froideur les attentions de ses parents, que la terrible épreuve de sa disparition ont conduit au divorce. Hantée par les souvenirs de sa captivité auprès de Vincent, Gaëlle a du mal à retrouver une vie normale. C'est que le ravisseur, malgré son impulsivité et son caractère colérique, était parvenu à tisser au fil des années une étrange complicité avec sa victime. Un secret que cette dernière refuse de partager avec son entourage. Frédéric Videau s'est inspiré d'un fait divers pour illustrer la relation ambiguë entre un kidnappeur et sa victime, évacuant toute forme de suspense pour se concentrer sur la dimension psychologique. Sans artifices, exception faite de la musique parfois envahissante, cette évocation intimiste d'un drame sordide s'appuie sur un solide duo d'interprètes.

  • LA VIE D'UNE AUTRE (5)

    <strong>France. 2012. 98 min.</strong> Comédie sentimentale de Sylvie Testud avec Juliette Binoche, Mathieu Kassovitz, François Berléand, Aure Atika, Danièle Lebrun, Vernon Dobtcheff. La veille de ses vingt-cinq ans, Marie décroche un poste dans une grande société de placements dirigée par Dimitri Speranski. Le lendemain, elle tombe amoureuse du fils cadet de Speranski, Paul, et après une nuit passée dans ses bras, se réveille quinze ans plus tard. N'ayant aucun souvenir de ce qui s'est passé dans l'intervalle, Marie découvre qu'elle a un fils avec Paul, que c'est elle qui désormais dirige d'une main de fer la société Speranski qu'elle a redressée, enfin que son mariage bat de l'aile. S'accrochant à celui qui désormais la déteste mais dont elle ne garde que le souvenir heureux de la première nuit, Marie se met en devoir de le reconquérir, tout en essayant de réparer les nombreuses erreurs, motivées par l'ambition, qu'elle ne se rappelle pas avoir commises. La comédienne Sylvie Testud (SAGAN) ne fait pas d'étincelles à la barre de ce premier long métrage en tant que réalisatrice. Partant d'une idée au riche potentiel (et déjà exploitée sur le versant dramatique dans REGARDING HENRY), la comédienne signe une comédie lourde et cousue de fil blanc, dont la principale vertu reste d'avoir mis en valeur Juliette Binoche.

  • ROLLER TOWN (5)

    <strong>Canada. 2012. 77 min.</strong> Comédie de Andrew Bush avec Mark Little, Kayla Lorette, Adam Bayne, Scott Vrooman, Jordan Talbot, George William Basil. Des gangsters font irruption dans une petite ville où ils cherchent à convertir le populaire palladium en arcade de jeux vidéos. Un champion local de patin à roulettes s'oppose à eux, avec l'aide de son ami et d'une camarade dont il est secrètement amoureux. Ce pastiche rétro plus ou moins réussi s'inspire des THANK GOD IT'S FRIDAY et autres XANADU pour superposer, sur un scénario à numéros, un tableau strident mais néanmoins vivant. Les quelques trouvailles visuelles et l'interprétation enthousiaste ne suffisent pas à faire oublier la minceur du propos et la lourdeur de certains gags.

  • FAUST (2)

    <strong>Russie. 2011. 134 min.</strong> Drame fantastique de Alexandre Sokourov avec Johannes Zeiler, Anton Adasinskiy, Isolda Dychauk, Georg Friedrich, Hanna Schygulla, Antje Lewald. Poussé par une soif insatiable de connaissance, le docteur Faust se ruine en achetant des cadavres qu'il dissèque à la recherche du siège de l'âme. Lorsque son père, qui ne croit guère à ses lubies métaphysiques, refuse de lui avancer de l'argent, Faust rend visite à Mauricius, un curieux prêteur qui ébranle toutes ses certitudes. En vadrouille dans la ville, les deux hommes se rendent au lavoir public où Faust tombe sous le charme de Marguerite. Malgré le temps qui passe, le docteur reste obsédé par la blonde blanchisseuse. Sournois, Mauricius le convainc qu'il peut posséder la jeune fille. Le prix de la transaction? L'âme de Faust. Ce dernier accepte et signe le contrat avec son sang. Alors qu'il poursuit Marguerite de ses avances, Faust sent que la folie le guette. Dernier volet d'une tétralogie sur les effets corrupteurs du pouvoir, cette adaptation de l'auguste légende distille une poésie noire, délétère. D'où le recours à une illustration d'une beauté sans pareil pour dépeindre un univers déliquescent, condamné. La mise en scène virtuose favorise les plans longs et fluides. Johannes Zeiler brille par son jeu fiévreux.

  • 26 LETTRES ET UN PHILOSOPHE

    <strong>Canada. 2011. 113 min.</strong> Documentaire de Suzy Cohen. Frère cadet du regretté cinéaste français Éric Rohmer, le philosophe René Schérer se prête au jeu de l'abécédaire: de "l'ambiguïté" à la "zone" en passant par "l'émancipation" et la "lenteur", il ouvre la porte à de multiples réflexions sur l'expérience humaine.

  • DREDD (5)

    <strong>Grande-Bretagne. 2012. 95 min.</strong> Science-fiction de Pete Travis avec Karl Urban, Olivia Thirlby, Lena Headey, Wood Harris, Langley Kirkwood, Junior Singo. Dans un futur proche, l'Amérique est devenue un territoire dévasté par les radiations nucléaires. Près de 400 millions d'habitants sont réunis sur un immense territoire ceint d'un mur, appelé Mega City One. Là, dans ce lieu pourri par la corruption et les crimes violents, des juges en tenues de combat patrouillent les rues pour appliquer et exécuter la loi. Le plus craint et respecté d'entre eux, le juge Dredd, se voit confier l'entraînement de Cassandra Anderson, une recrue dotée de pouvoirs psychiques. Mais alors qu'ils viennent enquêter sur un triple homicide dans l'immense immeuble Peach Trees, où s'entassent sur 200 étages des hommes et des femmes sans ressources, Dredd et Anderson arrêtent l'homme de main de Ma-Ma, une ancienne prostituée devenue une terrible et cruelle trafiquante de drogues. Ordonnant la fermeture complète du gratte-ciel, où elle a établi ses quartiers, Ma-Ma donne mission à ses troupes de ramener les deux juges, morts ou vifs.

  • INESCAPABLE (5)

    <strong>Canada. 2012. 93 min.</strong> Thriller de Ruba Nadda avec Alexander Siddig, Joshua Jackson, Marisa Tomei, Oded Fehr, Saad Siddiqui, Bonnie Lee Bouman. Depuis vingt ans, Adib mène une existence tranquille et prospère à Toronto auprès de son épouse et de ses filles. L'une d'elles, Muna, photojournaliste, doit rentrer d'un séjour en Grèce. Mais il apprend qu'elle a fait un détour par la Syrie, le pays d'origine de son père, et qu'elle est portée disparue. Craignant que son passé trouble d'officier de la police militaire ne soit en lien avec la disparition de Muna, Adib forme le projet de se rendre à Damas. Grâce aux contacts de Fatima, une ancienne fiancée toujours amoureuse de lui, il franchit la frontière syrienne et gagne l'ambassade du Canada où Paul, un diplomate, tente de lui venir en aide. Mais la ville grouille d'espions et Adib ne sait plus sur qui compter. D'origine syrienne, Ruba Nadda (CAIRO TIME) s'est inspirée de l'instabilité politique de ce coin du monde pour accoucher de ce thriller bavard à la mise en scène appliquée, auquel elle peine à insuffler un véritable sentiment d'urgence. Dominée par le solide Alexander Siddig, la distribution s'acquitte de sa tâche sans bavures, mais sans éclat non plus.

  • KIVALINA VS. EXXON (4)

    <strong>Canada. 2012. 81 min.</strong> Documentaire de Ben Addelman. La crue des eaux menaçant la survie de leur village de l'Alaska, une communauté inupiat intente une poursuite judiciaire contre les compagnies pétrolières, gazières et minières, responsables du réchauffement climatique, afin qu'elles paient leurs coûts de relocalisation. Le Canadien Ben Addleman exploite toutes les possibilités offertes par le cinéma de fiction (voire du thriller) pour dresser, sur le mode du documentaire, le bilan éclairant d'une extraordinaire situation digne de David et Goliath. Si le récit comporte quelques redondances, la réalisation attentive fait très bon usage du paysage arctique.

  • LA MAISON AU BOUT DE LA RUE (House at the End of the Street)

    <strong>États-Unis. 2012. 101 min.</strong> Drame d'horreur de Mark Tonderai avec Jennifer Lawrence, Max Thieriot, Elisabeth Shue, Gil Bellows, Eva Link, Nolan Gerard Funk. Peu après s'être installées dans leur nouvelle maison située en bordure d'une forêt, une mère récemment divorcée et sa fille de dix-sept ans découvrent que leur jeune voisin est le seul survivant d'un drame familial survenu quatre ans plus tôt.

  • LES COULEURS DE LA MONTAGNE (Los Colores de la Montana)

    <strong>Colombie. 2010. 93 min.</strong> Drame de Carlos Cesar Arbelaez avec Hernan Mauricio Ocampo, Luis Nolberto Sanchez, Genaro Alfonso Aristizabal, Hernan Mendez, Carmen Torres, Natalia Cuellar. Dans une région agricole où s'entretuent rebelles et militaires, un gamin s'efforce de récupérer son ballon de soccer, tombé au milieu d'un champ de mines antipersonnelles.