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Syrie: l'ONU enquête sur des exactions commises contre des enfants

19/09/2012 03:56 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

Les Nations unies enquêtent sur des exactions commises contre des enfants en Syrie, tant par les forces gouvernementales que par l'opposition armée, a indiqué mercredi la nouvelle représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés, Leila Zerrougui.

Au cours d'un débat au Conseil de sécurité sur ce thème, la Russie, la Chine, le Pakistan et l'Azerbaïdjan ont cherché à restreindre le mandat de Mme Zerrougui et ont refusé de soutenir une résolution adoptée tous les ans par le Conseil pour condamner les abus commis contre des enfants dans des conflits.

Selon Mme Zerrougui, les agences de l'ONU ont signalé "des attaques gouvernementales contre des écoles, des cas d'enfants qui se voient refuser l'accès aux hôpitaux, de garçons et de filles tués dans le bombardement de leurs quartiers et soumis à des tortures, dont des violences sexuelles".

Mme Zerrougui a aussi fait état de soupçons de recrutement d'enfants soldats par l'Armée syrienne libre. "Nous continuons d'enquêter sur des incidents commis par des acteurs armés, dont l'Armée syrienne libre, qui pourraient compter des enfants dans ses rangs".

Elle a aussi fait part de son inquiétude à propos de l'utilisation d'enfants soldats par des milices libyennes ainsi que par les groupes islamistes comme Ansar Dine et Al-Qaida dans le nord du Mali.

Mais Russie, Chine, Pakistan et Azerbaïdjan se sont abstenus lors du vote d'une résolution sur ce sujet, affirmant que la précédente représentante spéciale, Mme Radhika Coomaraswamy, avait outrepassé son mandat.

L'ambassadeur pakistanais Raza Bashir Tarar a ainsi affirmé qu'un rapport de l'ONU dénonçant l'utilisation d'enfants dans des attentats suicide au Pakistan dépassait "le cadre du mandat autorisé par le Conseil de sécurité" car la situation au Pakistan n'était pas officiellement considérée comme un conflit.

Le représentant adjoint russe Sergey Karev a de son côté déploré que le rapport "ne mentionne que rapidement les crimes commis par les forces d'opposition" en Syrie. Moscou est un fidèle allié du régime de Bachar al-Assad.

Les membres occidentaux du Conseil ont au contraire salué le travail de Mme Coomaraswamy et voté en faveur de la résolution, adoptée par onze voix et quatre abstentions. L'ambassadeur allemand Peter Wittig, qui préside le Conseil en septembre, a "déploré que certains pays membres aient choisi de ne pas soutenir la résolution", mise au point par l'Allemagne. Il a estimé qu'édulcorer le rapport "aurait été irresponsable".

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