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Salehi rencontre Assad, attaques "aveugles" de l'armée selon Amnesty

19/09/2012 06:23 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

Le chef de la diplomatie de l'Iran, l'allié régional de Damas, a rencontré mercredi le président Bachar al-Assad en Syrie, où Amnesty International a dénoncé des attaques "aveugles" de l'armée, avec les civils pour principales victimes.

A son arrivée, Ali Akbar Salehi a affirmé à la presse qu'il allait "consulter" les dirigeants syriens sur la crise, ajoutant que son règlement se ferait "uniquement à l'intérieur de la famille syrienne".

Depuis le début de la révolte contre le régime syrien en mars 2011, les pays occidentaux, qui réclament le départ du pouvoir de M. Assad, tiennent l'Iran à l'écart de leurs tentatives de règlement, estimant que ce pays, avec lequel ils sont par ailleurs en litige sur son programme nucléaire, ne peut y jouer un rôle positif.

M. Salehi, qui a également rencontré son homologue Walid Mouallem, a en outre regretté l'absence de l'Arabie saoudite à une réunion lundi au Caire du "groupe de contact" régional sur la Syrie (Iran, Egypte, Turquie et Arabie saoudite).

Lors de cette réunion, le ministre iranien avait proposé l'envoi en Syrie d'observateurs des quatre pays pour tenter d'aider à mettre fin aux violences malgré l'échec de missions similaires sous l'égide de la Ligue arabe cet hiver puis de l'ONU.

Il avait également "appelé à un arrêt simultané des violences par les parties en présence, à un règlement pacifique sans intervention étrangère et à un arrêt de l'aide financière et militaire à l'opposition syrienne", selon Irna.

L'Iran accuse les Occidentaux et plusieurs pays de la région, Arabie saoudite et Turquie en tête, d'apporter une aide militaire et financière aux rebelles syriens.

Retrait des rebelles de quartiers sud de Damas -----------------------------------------------

Sur le terrain, l'armée a bombardé plusieurs quartiers d'Alep, grande métropole du nord, dont Hanano, al-Chaar et Sakhour, faisant "plusieurs blessés", ainsi que plusieurs localités de la province, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) qui se base sur les témoignages de militants.

A Damas, après deux mois de violents affrontements avec les forces loyalistes, accompagnés d'intenses bombardements, des combattants rebelles ont annoncé leur "retrait" des quartiers de Hajar al-Aswad et Assali (sud), a affirmé l'OSDH.

La Commission générale de la révolution syrienne (CGRS), qui organise la mobilisation sur le terrain, a indiqué que ces zones tout comme Qadam, également dans le sud, étaient "sinistrées" ajoutant que "l'armée du régime et ses milices ont (...) bombardé les maisons et les commerces depuis le 15 juillet, poussant la majorité des habitants à fuir".

"Plus de 200 personnes" y ont été tuées par les forces du régime depuis début septembre, selon la CGRS.

Le quotidien al-Watan proche du pouvoir titrait mercredi: "Damas est sécurisée", "l'armée anéantit les terroristes à Alep". Depuis le début de la révolte qui s'est transformée au fil des mois en véritable conflit, les autorités assimilent les rebelles à des "terroristes" appuyés selon elles par l'étranger.

Les forces régulières ont également bombardé mercredi les régions de Deir Ezzor (est), Lattaquié (nord-ouest) et Homs (centre), selon l'OSDH.

Mardi, les violences avaient coûté la vie à 173 personnes, selon un bilan de l'OSDH. Depuis le début du conflit en mars 2011, 27.000 personnes ont trouvé la mort dans les violences, selon l'ONG.

Dans le nord du pays, les rebelles, qui contrôlaient déjà au moins trois des sept postes-frontières avec la Turquie, se sont emparés mercredi de celui de Tall al-Abyad (sud-est) à l'issue de violents combats avec l'armée, selon les médias turcs.

Les civils, parmi lesquels de nombreux enfants, sont les principales victimes des attaques "aveugles" menées par l'armée, a dénoncé Amnesty International dans un communiqué.

"Ces dernières semaines, dans les zones où les forces de l'opposition ont fait reculer les forces gouvernementales, il y a des bombardements aveugles sur les territoires perdus avec des conséquences désastreuses" pour les civils, a indiqué Donatella Rovera, principale conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise qui s'est récemment rendue dans le nord de la Syrie.

"Des attaques près d'hôpitaux peu après un grand afflux de blessés, ou sur des queues de personnes achetant du pain, font penser que de telles attaques visent délibérément de grands rassemblements de civils", indique le communiqué parlant de "crime de guerre", poursuit l'ONG.

Dans un entretien publié mercredi par le quotidien britannique The Times, le général Adnan Sillu, qui a déserté il y a trois mois et est présenté comme l'ancien chef de l'arsenal chimique de la Syrie, a affirmé que les autorités syriennes prévoyaient d'utiliser "en dernier recours" des armes chimiques contre leur population.

L'armée de l'Etat hébreu, qui redoute que des armes chimiques de Damas soient transférées au Hezbollah chiite libanais, a effectué mercredi un exercice surprise dans la partie du plateau du Golan syrien occupé par Israël.

bur-vl/sw

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