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Recensement: la famille nucléaire de moins en moins la norme, surtout au Québec

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OTTAWA - «Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants»? Plus que jamais, la fin traditionnelle des contes de fées s'éloigne de la composition de la famille moderne au pays. Et c'est particulièrement vrai au Québec.

Les plus récentes données du recensement de 2011 dévoilées mercredi par Statistique Canada démontrent que la famille nucléaire conventionnelle est de moins en moins la norme.

Couples vivant en union libre, familles monoparentales, mariages entre personnes de même sexe: toutes ces formes de cellule familiale sont en pleine expansion depuis les cinq dernières années au pays. Le mariage conventionnel qui conclut depuis toujours les contes pour enfants, en revanche, recule.

«Le recensement de 2011 nous montre une diversité croissante des familles au Canada», a confirmé Laurent Martel, analyste chez Statistique Canada.

Si l'union libre gagne du terrain un peu partout au Canada, le Québec est sans contredit la province où ce type de ménage fait le plus d'adeptes. Pas moins de 31,5 pour cent des couples québécois vivent hors mariage, soit une augmentation de 13,5 pour cent depuis le précédent recensement de 2006. La moyenne de couples habitant dans le même foyer sans pour autant avoir prêté serment ne dépasse pas 12,5 pour cent dans les autres provinces. Il s'agit-là d'un écart «très significatif», selon M. Martel.

Pour la toute première fois, Statistique Canada a compilé des données sur une autre forme très actuelle de noyau familial: la famille recomposée.

La «blonde de mon père», le «copain de maman», «mon demi-frère», «ma petite soeur par alliance» font désormais partie du vocabulaire d'un enfant canadien sur 10. En effet, 10 pour cent des jeunes de 14 ans et moins vivent sous un toit où l'un des deux adultes n'est pas son parent biologique (ou adoptif), ou encore avec des frères et soeurs qui ne sont pas issus du même couple que lui.

Encore une fois, les données concernant le Québec se distinguent de celles du reste du pays, puisque c'est dans la province francophone où l'on retrouve une plus forte proportion de ces familles recomposées, soit 16,1 pour cent des couples avec enfants contre 12,6 pour cent pour la moyenne nationale.

Les familles monoparentales sont également de plus en plus fréquentes, en croissance de huit pour cent par rapport à 2006 pour l'ensemble du pays. Fait à noter, même si huit familles monoparentales sur 10 ont à leur tête une femme, la proportion de pères élevant seuls leurs enfants a bondi de 16,2 pour cent depuis cinq ans.

Le ralentissement de la progression des familles qui dénombrent un seul parent pourra être considéré de bon augure pour certains, puisque ces familles ne comptant qu'un seul revenu sont plus sujettes à la pauvreté.

«Ce sont des populations peut-être plus vulnérables. Il faut bien se rappeler par contre qu'être dans une situation de famille monoparentale est une situation transitoire. Ce n'est pas une situation qui s'inscrit sur le long terme», a spécifié M. Martel.

Une autre nouveauté du recensement de 2011 — le dénombrement des enfants en famille d'accueil — révèle que 0,5 pour cent des jeunes de moins de 15 ans vivent dans ce type de ménage.

Même sexe

Avec la légalisation du mariage entre conjoints du même sexe en 2005, l'option de glisser un anneau au doigt de la personne aimée s'est offerte pour la première fois à la communauté gaie. Et ce choix est rapidement devenu à la mode.

Ainsi, en 2006, 16,5 pour cent des couples de même sexe avaient choisi de se prévaloir de leur droit au mariage acquis l'année précédente. Cinq ans plus tard, c'est pas moins de 32,5 pour cent des conjoints du même sexe qui avait prononcé le fameux «oui, je le veux».

«On s'attendait à une forte augmentation des couples mariés de même sexe, puisque la période de 2006 à 2011 était la première période de cinq ans pour laquelle le mariage de conjoints de même sexe était légal au Canada», a expliqué l'analyste.

Le portrait de la population brossé par Statistique Canada permet également de mettre en lumière d'autres éléments liés à l'évolution de la population canadienne à travers les époques.

Ainsi, le phénomène des «Tanguy», ces jeunes adultes vivant aux crochets de leurs parents, semble s'être stabilisé après avoir connu un bond appréciable depuis deux décennies.

En 2011, 42,3 pour cent des jeunes âgés de 20 à 29 ans vivaient chez leurs parents, soit plus ou moins la même proportion qu'il y a cinq ans. En comparaison, 32,1 pour cent des jeunes adultes issus du même groupe d'âge vivaient chez leurs parents 20 ans plus tôt. Ces personnes dans la vingtaine vivent par ailleurs de moins en moins en couple, un tendance à la baisse qui se poursuit depuis quelques décennies.

Par ailleurs, les dernières données concernant les cinq millions de personnes âgées au pays portent à croire que la vieillesse est moins associée à la solitude qu'avant.

Une majorité des gens âgés de 65 ans et plus vivent en couple (56,4 pour cent), une hausse par rapport à il y a 10 ans. La proportion des femmes de l'âge d'or habitant seules à elle aussi chuté.

Les couples vivant sans enfant sous leur toit (44,5 pour cent) a par ailleurs continué de dépasser ceux qui vivent avec des enfants à la maison (39,2 pour cent), une réalité qui n'est pas étrangère au vieillissement des baby-boomers.

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