Tandis que l'ex-ministre des Finances Raymond Bachand s'inquiète de l'attitude de certains ministres du Cabinet Marois dans les dossiers économiques, la Coalition avenir Québec, Québec solidaire et différents groupes de la société civile font part de leur espoir quant au nouveau gouvernement péquiste minoritaire.

Même si le député libéral Raymond Bachand salue la nomination de l'économiste Nicolas Marceau comme ministre des Finances, celui qui a occupé cette fonction au cours des trois dernières années ne voit pas d'un bon oeil pour l'avenir économique du Québec la manière dont certains ministres gèreront leur ministère.

« Nicolas Marceau est un collègue que je respecte, mais maintenant il est entouré de collègues radicaux auxquels je suis inquiet qu'il ne puisse dire non », a affirmé M. Bachand en entrevue à Radio-Canada.ca. « Dans l'équipe économique, il y a eu la promotion de spécialistes du gel et des moratoires comme Martine Ouellet [aux Ressources naturelles] et Daniel Breton [Environnement], et c'est une source d'inquiétude de ce côté-là », a-t-il ajouté.

À l'inverse, la coporte-parole et présidente de Québec solidaire Françoise David « salue la nomination de deux écologistes, Martine Ouellet et Daniel Breton, à des postes névralgiques en rapport avec les choix économiques qui devront être faits par le gouvernement péquiste, dans le respect de l'environnement et de la nature ».

L'ex-ministre responsable de Montréal se demande d'autre part si la métropole québécoise sera bien représentée par rapport à d'autres régions moins populeuses. « Il y a trois ministres au Saguenay-Lac-Saint-Jean et deux en Gaspésie. Montréal en a cinq et la ville représente 40 % du Québec. Je ne sais pas si elle a la représentation qu'elle devrait avoir », a-t-il lancé, l'air songeur.

La CAQ et Québec solidaire prêts à collaborer

Les autres partis d'opposition ont quant à eux assuré qu'ils entendaient collaborer avec le nouveau gouvernement, tout en y allant de leurs suggestions.

La Coalition avenir Québec (CAQ) s'est dite prête à collaborer « de bonne foi » avec les nouveaux ministres, tout en exhortant le gouvernement à agir pour relancer l'économie du Québec, améliorer les systèmes de santé et d'éducation, et garantir « l'intégrité de nos institutions publiques ».

De son côté, Québec solidaire a déploré que les femmes ne composent que le tiers du gouvernement. « Si le précédent gouvernement a pu à un certain moment instaurer la parité entre les femmes et les hommes au Conseil des ministres, il est pour le moins étonnant que celui du Parti québécois n'y arrive pas », a estimé Françoise David, par voie de communiqué.

Le parti a tout de même assuré au gouvernement sa collaboration « chaque fois qu'il adoptera des mesures allant dans le sens du progrès social ».

Réactions des fédérations étudiantes

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, invitée à la cérémonie d'assermentation, s'est quant à elle dite « très contente » d'entendre à nouveau l'engagement de la première ministre Pauline Marois d'annuler la hausse des droits de scolarité.

Elle a tout de même reconnu que « beaucoup d'éléments » restent à être discutés en vue du grand sommet sur l'éducation supérieure prévu par le gouvernement péquiste, qui souhaite indexer les droits de scolarité au coût de la vie.

Tout comme la présidente de la FEUQ, l'Association francophone pour le savoir (ACFAS) a pour sa part salué la formation d'un nouveau ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ainsi que la nomination du ministre Pierre Duchesne.

Autres réactions

Parmi les autres réactions, le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) s'est réjoui de la nomination du Dr Réjean Hébert comme ministre de la Santé.

Le regroupement représentant les usagers et résidents des établissements de santé et de services sociaux souhaite que le nouveau gouvernement garde sa promesse d'abolir la taxe santé et d'assurer l'accès à un médecin de famille à tous les Québécois.

L'Association francophone pour le savoir (ACFAS) a de son côté accueilli favorablement la création d'un nouveau ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, un choix qu'elle a qualifié d'« éclairé » et d'« audacieux ».

« Un tel ministère contribuera à stabiliser et à coordonner le milieu de la recherche et le milieu de l'enseignement supérieur. On formera ainsi des citoyens capables de réfléchir sur les enjeux actuels de notre société, mais aussi d'anticiper ceux à venir », a affirmé le président de l'ACFAS, Pierre Noreau.

L'ACFAS a par ailleurs salué la nomination de Pierre Duchesne à la tête de ce nouveau ministère et lui a offert son entière collaboration.