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Présidentielle américaine: Mitt Romney multiplie les gaffes

19/09/2012 12:09 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - Mitt Romney, le candidat républicain à la présidentielle américaine, ne s'intéresse pas vraiment aux très pauvres. Il considère la moitié des Américains comme des assistés et sa femme conduit deux Cadillac... selon ses propres mots. Il accumule en effet les gaffes depuis le début de sa campagne et ouvre un boulevard à ses adversaires démocrates qui le traitent de multi-millionnaire ignorant de la réalité de l'Américain moyen.

Dernière saillie involontaire en date, une analyse datant du 17 mai, filmée en caméra cachée et diffusée lundi par un site de gauche, selon laquelle il y a «47 pour cent (des Américains) qui dépendent du gouvernement, qui se prennent pour des victimes, qui croient que c'est la responsabilité du gouvernement de s'occuper d'eux, qui croient qu'on leur doit la couverture maladie, l'alimentation, le logement, etc., etc.»

Mitt Romney n'est pas le seul à trébucher. Son concurrent démocrate, le président Barack Obama, n'a toujours pas réussi à faire oublier des mots malheureux prononcés en 2008. Face à des donateurs de San Francisco, il avait tourné en dérision les provinciaux du Midwest ayant du mal à s'en sortir, déclarant: «Ils deviennent amers, ils s'accrochent aux armes ou à la religion».

Quatre ans plus tard, le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, a ravivé le souvenir de cette gaffe en revendiquant sa fierté d'être un catholique chasseur de chevreuils.

Dans les deux cas, le scandale a été amplifié par le fait que ces remarques étaient destinées uniquement à de riches donateurs, souligne Kathleen Hall Jamieson, directrice du Centre de politique publique Annenberg à l'université de Pennsylvanie. «C'est préjudiciable lorsque le public perçoit que quelque chose dit en privé ne l'est pas en public», explique-t-elle.

Mais cette fois, pour M. Romney, la perception «selon laquelle la prise de position dit quelque chose du personnage et de sa personnalité ainsi que de ses positions politiques la rend potentiellement plus préjudiciable», ajoute Kathleen Hall Jamieson.

Mitt Romney se dit pourtant prévenu. Le candidat républicain a raconté avoir pris la mesure du danger pour la première fois il y a 45 ans, lorsque les espoirs présidentiels de son père, le gouverneur du Michigan George Romney, avaient explosé en vol après une bourde sur la guerre du Vietnam. Interrogé sur son soutien à cette guerre, il avait déclaré que lors d'une visite à l'étranger, des généraux et des diplomates l'avaient influencé par «le plus gros lavage de cerveau qu'on puisse recevoir».

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