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Obama et Romney sont toujours au coude à coude dans les intentions de vote

19/09/2012 11:58 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - Barack Obama et Mitt Romney se trouvent toujours au coude à coude dans les sondages, à moins de deux mois de la présidentielle du 6 novembre, mais les électeurs se montrent plus optimistes pour l'économie américaine, selon un sondage de l'institut GfK pour l'agence Associated Press publié mercredi.

Le président sortant est crédité de 47 pour cent d'intentions de vote contre 46 pour cent à son adversaire républicain, mais 52 pour cent de tous les Américains préfèrent Obama, contre 37 pour cent pour Romney.

L'enquête a été menée du 13 au 17 septembre, soit avant la diffusion lundi d'une vidéo enregistrée en caméra cachée en mai, dans laquelle Mitt Romney estime lors d'une soirée avec de riches donateurs que 47 pour cent des Américains sont des assistés qui ne voteront pas pour lui et qu'il ne s'occupe pas d'eux puisqu'ils ne sont pas concernés par son programme de baisse d'impôts.

D'après ce sondage, 61 pour cent des électeurs potentiels trouvent l'économie en mauvaise forme et un peu plus de la moitié estiment que les perspectives se sont assombries depuis quatre ans que Barack Obama dirige le pays. En outre, 57 pour cent d'entre eux s'attendent à une aggravation ou un maintien du chômage (8,1 pour cent de la population active en août) à l'horizon 2016.

Cependant, le nombre d'optimistes sur une amélioration de la situation dans l'année à venir a progressé, à 48 pour cent contre 41 pour cent avant les conventions nationales du Parti républicain puis du Parti démocrate fin août-début septembre.

L'économie atone et le chômage élevé sont de loin les grandes priorités de cette campagne, dans laquelle Mitt Romney met en avant son expérience d'homme d'affaires à succès pour promettre la création de 12 millions d'emplois d'ici 2016 — un chiffre qui devrait être atteint de toute façon, selon des économistes indépendants.

Le camp démocrate de Barack Obama réplique en dépeignant le candidat conservateur comme un multi-millionnaire qui a investi une partie de sa fortune dans des paradis fiscaux comme les Iles Caïmans et ne connaît pas la réalité et les besoins des classes moyennes américaines.

Mitt Romney, interrogé par la chaîne de télévision conservatrice Fox News mardi soir, s'est défendu de négliger une quelconque partie d'un électorat profondément divisé, notamment les personnes âgées ou les militaires, qui sont souvent exemptés d'impôts. Mais «je n'aurai pas» les suffrages des Américains qui pensent que le travail du gouvernement consiste à redistribuer la richesse, a-t-il ajouté. Il veut devenir président pour aider les Américains à trouver du travail et devenir des contribuables. Le gouvernement fédéral ne devrait pas «prendre aux uns pour donner aux autres».

L'impôt fédéral américain sur le revenu est progressif: en théorie, ceux qui gagnent plus paient plus. Le gouvernement lève l'impôt et en reverse une partie par l'intermédiaire de divers programmes sociaux comme la sécurité sociale ou les bons alimentaires réservés aux plus démunis.

«Mon programme pour l'économie américain encouragera l'investissement privé et la liberté individuelle», écrit Mitt Romney dans un billet publié par le journal «USA Today» mercredi.

Certains républicains ont pris leurs distances avec lui. «Je ne suis pas d'accord avec le gouverneur Romney quand il insinue que 47 pour cent des Américains se posent en victimes qui doivent dépendre des soins du gouvernement», a déclaré Linda McMahon, candidate au Sénat dans le Connecticut. Le sénateur Scott Brown, qui se bat pour conserver son siège dans le Massachusetts, a lâché: «Je ne vois pas le monde de cette façon». Et la gouverneuse du Nouveau-Mexique Susana Martinez a souligné que beaucoup de ses administrés vivaient au niveau ou sous le seuil de pauvreté et que «le filet de sécurité est une bonne chose».

Barack Obama a répondu à Mitt Romney à la télévision américaine mardi soir: «Il y a une chose que j'ai apprise en tant que président, c'est que vous représentez le pays tout entier».

L'équipe de campagne du chef de l'État sortant a diffusé un nouveau spot accusant le candidat républicain de vouloir supprimer de nombreux abattements fiscaux bénéficiant à des millions d'Américains des classes moyennes. «Mitt Romney, il s'occupe tellement des grosses entreprises et des abattements d'impôts pour les riches qu'on dirait qu'il ne peut répondre que 'tant pis' à l'Amérique moyenne», déclare une femme dans ce clip.

L'organisation pro-Obama Priorities USA Action a de son côté été la première à exploiter la déclaration de Mitt Romney sur les 47 pour cent pour assurer qu'il ne convaincrait jamais l'Américain moyen qu'il est de son côté.

Barack Obama devait passer toute la journée de mercredi à la Maison Blanche et recevoir en privé l'opposante birmane et lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. Mitt Romney était attendu à Atlanta pour une soirée de collecte de fonds et à Miami où il devait intervenir sur la chaîne hispanophone Univision, sachant que les sondages donnent l'avantage au président auprès de cet électorat de plus en plus nombreux.

Les deux candidats redoublent d'efforts car le vote anticipé ou par correspondance a déjà commencé dans certains États. MM. Obama et Romney s'affronteront le 3 octobre pour le premier de leurs trois débats avant le scrutin du 6 novembre.

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