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Les conservateurs mettent en péril la fragile reprise, déclare Mulcair

19/09/2012 01:19 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

OTTAWA - Thomas Mulcair semble vouloir ravir à Stephen Harper son titre auto-proclamé de champion de l'économie: le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) multiplie ses interventions économiques et appelle le premier ministre à rencontrer ses homologues provinciaux lors d'un sommet économique en novembre.

Le NPD a ainsi déposé une motion à cet effet, qui sera débattue jeudi.

Celle-ci demande notamment à la Chambre «d'insister pour que le premier ministre du Canada rencontre ses homologues à Halifax au mois de novembre lors du sommet économique national organisé par le Conseil de la fédération».

On y parle aussi d'inviter tous les ordres de gouvernement à bâtir une économie équilibrée, «digne du 21e siècle».

Dans son premier discours de la rentrée parlementaire à son caucus, mercredi, M. Mulcair a accusé les conservateurs de mettre en danger la fragile reprise économique.

Et cela, parce qu'il effectue «des compressions insensées dans les services sur lesquels les Canadiens comptent le plus», juge-t-il.

Le premier ministre Harper s'est vanté du bilan de son parti depuis son arrivée au pouvoir en 2006, incluant la création d'environ 750 000 emplois.

Mais dans son discours, M. Mulcair a déclaré que le bilan économique de M. Harper était bien sombre, soulignant entre autres le déficit commercial record du Canada en juillet, ainsi que l'endettement massif des ménages canadiens.

Alors que M. Harper martèle depuis longtemps que ses priorités sont l'économie et la création d'emploi — une formule qui s'est avérée gagnante lors de la dernière élection — le NPD a énoncé les deux mêmes priorités pour la nouvelle session.

Le mot semble aussi avoir été passé aux députés du parti, qui ont répété ces deux sujets prioritaires dans les entrevues de rentrée parlementaire.

Lors des trois premières journées de la session d'automne, M. Mulcair a posé les cinq questions du premier bloc à la Chambre des Communes, portant toutes sur l'économie.

Poursuivant sur sa lancée, le NPD a positionné sa première motion de l'année sur l'économie avec cette invitation au premier ministre.

Pourtant, M. Harper a déjà fait savoir qu'il n'ira pas à Halifax au sommet économique national.

Au bureau de M. Harper, on indique qu'il préfère discuter avec les premiers ministres provinciaux lorsqu'il les rencontre chez eux. Il aurait ainsi fait 74 visites dans les différentes provinces depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs en 2006, a fait savoir l'un de ses collaborateurs.

Se défendant de présenter sa motion dans le but de faire mal paraître le premier ministre, M. Mulcair dit que loin d'être inutile, elle forcera M. Harper à affronter un débat.

«On va lui donner l’occasion de voter avec nous et dire oui, il va y aller, ou de voter contre et prouver qu’il croit qu’il n'y a rien à changer dans son approche et les Canadiens prendront acte», explique le chef néo-démocrate.

Car M. Mulcair croit que les remèdes du premier ministre pour l'économie — notamment les réductions d'impôts aux grandes entreprises — ne marchent pas. Et il a l'intention de le démontrer.

«C’est une catastrophe qu’ils sont en train de nous préparer au Canada», avance-t-il.

En l'absence de M. Harper des Communes mercredi, le leader en Chambre du gouvernement, Peter Van Loan, a ridiculisé les néo-démocrates pour suggérer une autre rencontre sur l'économie alors que de l'action est nécessaire.

«Quel est le plan du NPD? Avoir une rencontre dans quelques mois», a dit M. Van Loan. Cela ne va pas régler les problèmes de l'économie, a-t-il ajouté.

Les libéraux ont l'intention d'appuyer la motion néo-démocrate car la rencontre serait utile selon eux. Mais ils dénoncent l'«hypocrisie» de la démarche de M. Mulcair.

«Il prétend rassembler les premiers ministres après qu'il ait passé tellement de mois à diviser les régions du Canada. C'est lui qui a traité les premiers ministres de l'Alberta et de la Saskatchewan d'une façon un peu méprisante», a commenté le député libéral Dominic LeBlanc.

«Là, il essaie de se rattraper probablement en faisant croire qu'il est en faveur d'une discussion et que tout le monde devrait travailler en commun pour l'économie canadienne», croit-il.

Le Bloc québécois aussi est d'accord sur le principe d'une telle réunion fédéral-provincial, sans avoir encore décidé comment il allait voter. Le député bloquiste André Bellavance trouve néanmoins la démarche «paternaliste» envers les provinces.

«Je pense pas que c’est le rôle du tout, ni d’un parti de l’opposition, ni de personne ici au Parlement, de dire au Québec et aux provinces quoi faire», a-t-il expliqué.

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