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Le risque de grève à GM et à Chrysler freine l'économie locale

19/09/2012 08:51 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

L'incertitude causée par la menace d'un débrayage dans l'industrie automobile en Ontario a déjà provoqué un ralentissement économique à Brampton, où Chrysler a une usine.

Le syndicat des Travailleurs canadiens de l'auto (TCA) poursuit les négociations contractuelles à Toronto avec General Motors et Chrysler, après avoir conclu une entente de principe, lundi, avec Ford.

Entre-temps, le restaurateur Sam Russo de Brampton raconte que même ses clients réguliers ne sont plus au rendez-vous. Il ajoute que plusieurs commerçants ont remarqué que les travailleurs de l'auto avaient déjà réduit leurs dépenses la semaine dernière.

Selon l'économiste indépendant Donald Rumball, les entrepreneurs doivent s'attendre à des mois difficiles si des ententes ne sont pas conclues rapidement pour le renouvellement des conventions collectives.

TCA optimistes

De leur côté, les Travailleurs canadiens de l'auto indiquent, mercredi, qu'ils « font des progrès importants » avec General Motors et qu'ils espèrent conclure une entente « bientôt » avec le constructeur.

Le président des TCA, Ken Lewenza, a indiqué, mardi, qu'il s'attendait à recevoir sous peu une nouvelle proposition de GM, après avoir passé la journée à discuter en détail de l'entente conclue lundi avec Ford.

M. Lewenza a affirmé que les négociations avec GM étaient plus avancées que celles en cours avec Chrysler, qui serait, selon le président des TCA, en train d'évaluer ce que lui coûterait une entente similaire à celle conclue avec Ford.

« Nous nous attendons, à tout le moins, à ce que GM dépose une offre rapidement, mais je ne sais pas ce que cela signifie pour l'instant. Jusqu'à ce que vous ayez ladite proposition entre les mains, vous ne pouvez pas savoir si vous êtes sur la même longueur d'onde », a-t-il dit.

Le dirigeant syndical a néanmoins ajouté qu'un sentiment d'optimisme se dégageait des discussions avec Chrysler.

Le syndicat a annulé une grève prévue pour minuit, dans la nuit de lundi à mardi, pour donner aux négociateurs de Chrysler et GM plus de temps pour examiner l'entente de quatre ans conclue quelques heures plus tôt avec Ford.

Les TCA estiment que l'entente avec Ford pourrait être suivie par les deux autres constructeurs.

Cependant, M. Lewenza a prévenu qu'une grève était possible et qu'il donnerait un préavis de 24 heures s'il juge que Chrysler et GM n'avancent pas dans les négociations.

Entente avec Ford

L'entente de principe de quatre ans conclue entre Ford et les TCA a permis d'éviter le débrayage des 4500 employés du constructeur américain au pays.

Pour satisfaire les deux parties, le contrat valide jusqu'en septembre 2016 ne prévoit aucune augmentation de salaire, mais plutôt un montant forfaitaire de 2000 $ par année lors des deuxième, troisième et quatrième années de la convention pour compenser la hausse du coût de la vie, ainsi qu'une prime de ratification de 3000 $.

L'entente prévoit que 800 employés mis à pied de Ford pourront retourner au travail, en partie grâce à la création de 600 nouveaux postes aux opérations canadiennes de l'entreprise.

Les TCA avaient menacé de déclencher une grève simultanée dans les usines canadiennes de Ford, de Chrysler et de General Motors si aucune entente de principe n'était conclue lundi à minuit.

De son côté, le constructeur Chrysler a critiqué la décision du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile d'avoir choisi son concurrent Ford pour la négociation d'une entente-cadre.

Le syndicat a expliqué avoir choisi Ford puisqu'il s'agit de la compagnie avec laquelle il avait fait le plus de progrès depuis le début des négociations, en août dernier. Ford avait aussi été la compagnie ciblée par les TCA en 2005 et en 2008, pour la négociation d'une entente-cadre.

Dans un communiqué, Chrysler a toutefois indiqué être « très inquiète » de la décision du syndicat.

Chrysler ajoute que son objectif est d'en arriver à une entente contractuelle qui assure une « sécurité à long terme au Canada ». En d'autres mots, Chrysler, qui envisage d'autres investissements en Ontario, veut éviter de se retrouver les mains liées par un contrat de travail négocié auprès d'un concurrent qui aurait moins en jeu au pays.

Ford a fermé son usine à St-Thomas l'an dernier et ne produit plus de minifourgonnettes à Oakville.

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