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La dissension palestinienne entre Fatah et Hamas s'envenime

19/09/2012 10:51 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

Plus de 70 membres du Hamas ont été arrêtés en moins de 24 heures en Cisjordanie par l'Autorité palestinienne, suscitant l'ire du mouvement islamiste qui a remis en cause la légitimité du président Mahmoud Abbas, appelant même à le traduire en justice.

Mahmoud Abbas, président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a par ailleurs protesté auprès de l'Egypte, dont le Premier ministre Hicham Qandil a reçu le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, y voyant une brèche dans le monopole exercé par l'OLP sur la représentation internationale du peuple palestinien.

La majeure partie des arrestations s'est déroulée dans les villes de Tulkarem, Qalqiliya, Salfit et Naplouse, dans le nord du territoire, a-t-on précisé de sources au sein du mouvement islamiste.

Parmi les personnes interpellées figurent des militants pour les droits des prisonniers palestiniens, des journalistes ou des responsables impliqués dans les efforts de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, mouvement de Mahmoud Abbas, ont indiqué des organisations de défense des droits de l'Homme.

Un porte-parole du Fatah, Ahmad Assaf, a justifié ces arrestations dans une déclaration à l'AFP, affirmant que "le Fatah ne gouverne pas la Cisjordanie comme le Hamas contrôle la bande de Gaza".

"Ici en Cisjordanie, c'est la loi qui règne", a-t-il assuré, en allusion à la répression des libertés par le Hamas à Gaza, selon lui.

Un important dirigeant du mouvement islamiste à Gaza, Ismaïl al-Achqar, vice-président de la majorité parlementaire Hamas, a "appelé les mouvements et les forces de notre peuple à révoquer et juger le président Abbas pour ses actes anti-nationaux envers le peuple palestinien et sa résistance en Cisjordanie", dans un communiqué.

Un autre dirigeant du Hamas à Gaza, Salah Bardawil, a estimé dans un communiqué que "ces arrestations traduisaient le discours politique agressif d'Abbas qui a encouragé les services de sécurité à ces arrestations, attaqué la réconciliation et mis en doute la neutralité de l'Egypte".

M. Bardawil a appelé "le garant égyptien (de la réconciliation, NDLR) à intervenir pour arrêter cette farce de l'Autorité de Ramallah".

Après la rencontre lundi soir entre MM. Qandil et Haniyeh, M. Abbas a envoyé personnellement une lettre au président égyptien Mohamed Morsi via l'ambassadeur égyptien à Ramallah "comportant une protestation et appelant officiellement le gouvernement égyptien à ne pas traiter M. Haniyeh comme Premier ministre", a déclaré un membre du Comité exécutif de l'OLP, Saleh Raafat.

Le mouvement islamiste a accusé "le Fatah et Mahmoud Abbas de faire pression pour imposer un blocus politique au Hamas", dans un communiqué de son porte-parole à Gaza, Sami Abou Zouhri, estimant que "Mahmoud Abbas n'a aucun droit de parler de représentation palestinienne unifiée, puisque son mandat a expiré il y a plus de trois ans".

En août, M. Haniyeh avait dû renoncer à se rendre au sommet des Non-Alignés à Téhéran, en raison des menaces de boycott de M. Abbas.

Les institutions politiques palestiniennes sont bloquées depuis la division (juin 2007) entre le Hamas et le Fatah, qui gouvernent respectivement Gaza et la Cisjordanie.

Les deux mouvements rivaux ont signé le 27 avril 2011 un accord de réconciliation nationale aux termes duquel les deux gouvernements rivaux devaient céder la place à un exécutif transitoire non partisan chargé d'organiser des élections générales dans un délai d'un an. Mais les principales clauses en sont restées lettre morte et les échéances constamment repoussées.

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