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Grimes: en route vers un prix Polaris?

19/09/2012 03:55 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Elle s'apprête à franchir le cap des 40 000 albums vendus aux États-Unis. Il y a quelques semaines, Jimmy Fallon l'a invitée à sa populaire émission de fin de soirée. Et depuis plusieurs mois, elle est l'une des coqueluches des magazines et sites Web spécialisés en musique.

Son album «Visions», paru chez 4AD — la maison de disques qui abrite Bon Iver, The National et St. Vincent — a été accueilli très favorablement par de nombreuses publications.

«De la musique intelligente, drôle, sur laquelle il est pratiquement impossible de ne pas danser», a écrit le quotidien britannique The Guardian.

«L'électro (...) de 'Visions' permet de pénétrer dans l'univers particulièrement euphorisant de Grimes», a pour sa part jugé le site Web musical américain Pitchfork, qui lui a également consacré un mini-documentaire intitulé «Grimes - En El Laberinto».

Malgré tout, Claire Boucher, alias Grimes, demeure relativement peu connue des publics canadien et québécois.

«Je ne lis rien sur moi, alors je n'ai aucune idée s'il y a une différence entre la couverture médiatique à l'étranger ou ici! Par contre, je pense que j'ai droit à plus de couverture 'mainstream' à l'étranger. J'ai l'impression qu'au Canada, on n'a pas l'équivalent de Pitchfork ou (du magazine musical britannique) NME», suggère-t-elle à l'autre bout du fil.

Sa notoriété pourrait cependant être appelée à décupler si, comme certains le prédisent, elle réussit à mettre la main sur le prestigieux prix musical Polaris pour son album, qui fait partie des dix finalistes.

Les artistes installés à Montréal ont toujours fait bonne figure dans cette compétition, en raflant trois des six prix remis depuis 2006. Patrick Watson («Close To Paradise»), Karkwa («Les chemins de verre») et Arcade Fire («The Suburbs») ont respectivement remporté la mise en 2007, 2010 et 2011.

En sa qualité de néo-montréalaise, Grimes — qui s'est installée dans la métropole «parce le coût de la vie est beaucoup moins élevé qu'à Vancouver» — pourrait ainsi perpétuer la «tradition» en mettant la main sur le prix et la bourse de 30 000 $.

Mais pour l'artiste, le simple fait de se retrouver sur cette liste très sélect était un honneur... qu'elle dit ne pas se sentir digne de recevoir.

«J'étais surprise lorsqu'on m'a appris que je faisais partie des finalistes, parce qu'il y a beaucoup d'autres artistes qui le mériteraient plus que moi», affirme-t-elle.

Claire Boucher admet toutefois qu'une victoire aurait l'heur de plaire à ses parents, toujours installés à Vancouver, la ville où elle a grandi.

«C'est quelque chose que mes parents connaissent, alors c'est super. À chaque fois que j'accomplis quelque chose et que mes parents comprennent de quoi il s'agit, c'est toujours bon!»

Les Boucher pourraient avoir de quoi célébrer lundi soir, si l'on en croit des journalistes et critiques musicaux montréalais.

Car à l'issue du salon de prédictions du prix Polaris, qui se tenait mardi soir dans un bar montréalais, ceux-ci en sont presque arrivés à un consensus: les astres sont alignés pour une victoire de Grimes.

«C'était le choix personnel de plusieurs jurés et journalistes qui étaient là. Ils ont considéré que l'album était novateur, mais aussi qu'avec 'buzz' autour d'elle et la conjoncture actuelle, sa victoire aurait du sens», a résumé Magali Ould, relationniste pour les prix Polaris au Québec.

Entre-temps, la Montréalaise d'adoption se produira jeudi au Club Soda — à guichets fermés — dans le cadre du festival Pop Montréal, celui-là même qui l'avait recrutée en septembre dernier pour assurer la première partie du spectacle d'Arcade Fire, au Métropolis.

Réchauffer une salle de plus de 2000 personnes, dont certains n'attendaient sans doute que le retour du groupe prodigue, ne constituait pas une mince tâche, se souvient Grimes, qui avait auparavant été de la tournée de la Suédoise Lykke Li.

Comme une seule femme, elle est apparue sur scène, avec pour seules «béquilles» ses synthétiseurs et son équipement de mixage.

«Ça a probablement été la chose la plus difficile dans ce métier, d'apprendre à faire un 'set' seule, devant autant de personnes. Mais on s'habitue, assure-t-elle. Maintenant, j'ai souvent au moins un danseur avec moi sur scène, ce qui est probablement bon pour ma santé mentale!»

La remise du prix Polaris aura lieu le 24 septembre à Toronto. Un jury formé de 11 personnes devra choisir un vainqueur à la fin de cette soirée, au cours de laquelle les finalistes sont invités à interpréter des pièces de leur album.

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