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Crise budgétaire et obstacles israéliens menacent l'économie palestinienne (Banque mondiale et FMI)

19/09/2012 11:22 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

L'économie palestinienne est menacée à court terme par la crise budgétaire et à moyen et long terme par le maintien des restrictions israéliennes qui empêchent son développement, préviennent mercredi des rapports de la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI).

Dans ces rapports publiés en vue d'une réunion des donateurs à New York le 23 septembre, les deux institutions financières soulignent que l'Autorité palestinienne souffre d'un déficit prévisible d'ici la fin de l'année d'environ 400 millions de dollars (près de 310 millions d'euros.

"Il est donc vital que les efforts de l'Autorité palestinienne soient soutenus par le prompt versement d'une aide supplémentaire pour contribuer à couvrir le manque en financement de 2012", affirme le FMI.

Les deux institutions financières s'accordent également pour tabler sur une croissance palestinienne de 5,6% (5% en Cisjordanie et 9% dans la bande de Gaza) en 2012, en baisse par rapport à 2011.

Selon la Banque mondiale, "une croissance durable dans les Territoires palestiniens dépend de l'augmentation de l'investissement privé. Cependant, les restrictions mises en place par le gouvernement israélien continuent à entraver l'investissement privé potentiel et demeurent le principal obstacle à une croissance économique durable".

Le rapport cite en particulier la zone C de Cisjordanie, sous contrôle total israélien, qui couvre 60% du territoire, "clé de la cohésion économique et espace le plus riche en ressources de Cisjordanie", alors que moins de 1% de cette zone est dévolue par les autorités israéliennes à l'usage des Palestiniens.

Le FMI indique quant à lui que les efforts de gestion de l'Autorité palestinienne "seraient gravement sapés sans une aide soutenue des donateurs, y compris pour l'investissement public, et sans allègement des contrôles israéliens sur le commerce extérieur de la Cisjordanie et de Gaza et de l'accès à la zone C de Cisjordanie".

Il réaffirme par ailleurs sa conviction exprimée il y un an que "l'Autorité palestinienne est capable de mener la politique économique avisée attendue d'un futur Etat palestinien, étant donné les réformes et l'établissement d'institutions qu'elle a à son actif".

"Les donateurs doivent agir d'urgence face à la grave crise budgétaire traversée par l'Autorité palestinienne mais au-delà du court terme, une croissance économique durable ne peut être réalisée sans la levée des barrières aux développement du secteur privé, en particulier en zone C", résume la directrice de la Banque mondiale pour la Cisjordanie et Gaza, Mariam Sherman.

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