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Caricatures: les musulmans ont "le droit de protester" (islamistes tunisiens)

19/09/2012 11:34 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

Le parti islamiste au pouvoir en Tunisie a souligné mercredi que les musulmans avaient "le droit de protester" pacifiquement après la publication en France de caricatures du prophète Mahomet qui a amené l'ambassade française à fermer ses écoles à travers le pays.

Ennahda "exprime le droit des musulmans à protester et appelle à l'utilisation de moyens civils et pacifiques", a indiqué le parti dans un communiqué signé de son chef, Rached Ghannouchi.

"Le parti Ennahda condamne vivement cette nouvelle attaque contre la personne du Prophète", ajoute-t-il, y voyant la poursuite de "provocations odieuses".

Il a jugé que les attaques répétées contre Mahomet visaient à "détourner le Printemps arabe de son chemin et à le pousser vers un conflit avec l'Occident", "un piège" dans lequel il ne faut "pas tomber".

A titre préventif, l'ambassade de France en Tunisie a annoncé mercredi que la dizaine d'établissements scolaires français fermaient jusqu'à lundi.

Elle a aussi décidé de clore ses portes vendredi, jour de la grande prière, et a "demandé aux autorités tunisiennes compétentes de renforcer la sécurité autour de ses implantations", poursuit la représentation diplomatique française.

"C'est à titre préventif. Nous n'avons reçu aucune menace directe", a précisé à l'AFP l'ambassade à Tunis où la présence policière était renforcée en début d'après-midi.

La communauté française de Tunisie est estimée à 30.000 personnes, et quelque 3.000 enfants français y sont scolarisés.

Les ambassades, consulats et écoles françaises seront aussi fermés dans une vingtaine de pays musulmans vendredi par mesure de "précaution" après la publication de caricatures dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo.

Des violences parfois meurtrières ont éclaté depuis une semaine dans plusieurs pays musulmans à la suite de la diffusion d'un film islamophobe produit aux Etats-Unis.

Des affrontements entre policiers et militants islamistes radicaux ont ainsi fait quatre morts et des dizaines de blessés vendredi en Tunisie, où l'ambassade et l'école américaines ont été attaquées.

L'ambassadeur américain, Jacob Walles, a d'ailleurs été reçu par le Premier ministre Hamadi Jebali pour lui demander de garantir la sécurité des intérêts américains.

Les forces de l'ordre ont été vivement critiquées en Tunisie après les graves violences de vendredi, et les Etats-Unis ont évacué leur personnel non essentiel.

Enfin, le ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, était auditionné sur ces évènements à l'Assemblée nationale constituante (ANC) mercredi après-midi, alors que nombre de députés d'opposition réclament sa démission.

"Nous allons continuer de poursuivre ceux qui sont impliqués dans ces évènements", a-t-il dit sans donner de précisions sur les groupuscules intégristes visés ni l'état d'avancement de l'enquête.

Il a estimé qu'il n'était pas "dans l'intérêt du pays que les questions sécuritaires soient retransmises au public, car des gens veulent exploiter cela", son audition étant diffusée à la télévision en direct.

Pour le moment, quatre Tunisiens ont été inculpés et écroués et un cinquième a été laissé en liberté.

M. Larayedh n'a par ailleurs pas évoqué le chef salafiste jihadiste Seif Allah Ibn Hussein, alias Abou Iyadh, dont le mouvement "Ansar al-charia" (Partisans de la charia) est soupçonné d'être derrière l'attaque de l'ambassade américaine et que la police a renoncé à arrêter de peur de nouveaux débordements.

ms-alf/feb

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