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Avec l'iPhone, Vidéotron aurait entre 15 et 20 pour cent plus de clients

19/09/2012 03:26 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Le nombre d'abonnés au service de téléphonie sans fil de Vidéotron serait de 15 à 20 pour cent plus élevé si l'entreprise pouvait offrir l'iPhone d'Apple, a estimé mercredi le chef de la direction financière de Quebecor, Jean-François Pruneau.

L'iPhone ne fonctionne pas sur les fréquences utilisées par le réseau de Vidéotron, qui sont de type «AWS». Malgré certaines rumeurs qui ont circulé à cet effet, l'iPhone 5, dévoilé la semaine dernière, ne sera pas compatible avec les ondes AWS.

Au cours d'une conférence organisée par CIBC Marchés des capitaux, M. Pruneau a toutefois rappelé que pour les entreprises de télécommunications, la rentabilité de l'iPhone est mitigée en raison des importantes «subventions» que celles-ci doivent verser aux clients qui optent pour des contrats de trois ans.

Le dirigeant a soutenu que Vidéotron offrait une gamme concurrentielle d'appareils fonctionnant sur le système Android de Google. Il a rappelé que 68 pour cent des téléphones intelligents actuellement vendus en Amérique du Nord fonctionnent sur Android.

Déception

Jean-François Pruneau a reconnu que la direction de Québecor était quelque peu «déçue» de la facture moyenne des abonnés au sans fil de Vidéotron, qui demeure inférieure à celle de ses concurrents. Cela s'explique en partie, a-t-il expliqué, par les 90 000 clients du sans fil qui étaient chez Vidéotron avant que l'entreprise ne mette sur pied son propre réseau cellulaire, en septembre 2010 (Vidéotron revendait alors le service de Rogers).

Dans le secteur de la télévision, M. Pruneau a noté que Bell Canada (TSX:BCE) se montrait particulièrement «combatif» sur le plan promotionnel avec son nouveau service Fibe, qui couvre désormais plus de la moitié du territoire desservi par Vidéotron.

«Mais nous ne pouvons pas encore parler d'un succès», a-t-il lancé, en notant qu'au deuxième trimestre, Bell a recruté à peine 17 000 nouveaux abonnés au Québec et en Ontario pour ce nouveau service, qui a coûté environ 1 milliard $ à mettre sur en place.

«Nous n'avons pas à égaler (les promotions de Bell) pour conserver nos clients, mais nous devons quand même leur en offrir davantage, a expliqué Jean-François Pruneau. Cela signifie que nos clients nous sont fidèles, qu'ils reconnaissent la valeur de notre service à la clientèle, de notre technologie et de nos contenus. Ils acceptent de payer plus que chez Bell pour rester avec nous.»

Pour faire face à ce nouveau produit concurrent, Vidéotron a dû accroître ses efforts de «rétention» en réduisant la facture de ses meilleurs clients, a indiqué le dirigeant.

Du côté de la téléphonie filaire, qui a longtemps alimenté la croissance de Vidéotron, les perspectives s'assombrissent quelque peu, de plus en plus de gens décidant de laisser tomber ce service au profit de l'abonnement au sans fil. M. Pruneau entrevoit tôt ou tard une baisse des prix dans ce secteur.

Enchères

L'entreprise n'a pas encore décidé si elle prendra part aux prochaines enchères de spectre (fréquences sans fil) de 700 MHz, qui doivent avoir lieu l'an prochain, mais tout indique qu'elle le fera. Vidéotron n'en a pas besoin tout de suite, même pour déployer la nouvelle technologie LTE, plus rapide, a précisé Jean-François Pruneau.

Mais «peut-être que nous devrons participer (aux enchères) seulement pour protéger notre capacité à l'avenir», a-t-il noté, en rappelant la forte croissance de la demande pour les services de données (Internet mobile).

Pour ce qui est du bloc de 10 MHz que Vidéotron a acquis dans le sud de l'Ontario lors des enchères de 2008, l'entreprise n'exclut pas de le revendre. M. Pruneau a confié avoir reçu des «demandes d'informations» de la part d'acheteurs potentiels.

«La valeur de ces fréquences ne s'est certainement pas dépréciée avec le temps; en fait, je pense qu'elle s'est accrue depuis que nous les avons acquises», a-t-il affirmé.

L'action de Québecor a clôturé à 33,20 $ mercredi, en hausse de 0,4 pour cent, à la Bourse de Toronto. Québecor détient 55 pour cent de Québecor Média, laquelle possède Vidéotron.

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