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Aung San Suu Kyi honorée par le Congrès américain

19/09/2012 09:42 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a reçu la plus haute distinction remise par le Congrès américain, mercredi, lors d'une cérémonie grandiose organisée dans la rotonde du Capitole à Washington.

La députée de l'opposition birmane a décrit l'événement, auquel participaient les leaders de la Chambre des représentants et du Sénat de même que la sécrétaire d'État Hillary Clinton, comme l'un des moments les plus émouvants de sa vie.

La Médaille d'or du Congrès avait été octroyée à Mme Suu Kyi in absentia en 2008, alors qu'elle était toujours assignée à résidence en Birmanie en raison de son opposition pacifique à la dictature militaire dans son pays.

Sa visite longtemps attendue aux États-Unis, où elle doit passer 17 jours, lui a finalement permis d'accepter l'honneur en personne sous le dôme du Capitole et entourée de statues en marbre représentant d'anciens présidents américains.

Aung San Suu Kyi a déclaré qu'il avait valu la peine d'attendre toutes ces années pour être honorée au sein d'une «maison unie, une maison qui s'est rassemblée pour accueillir une étrangère venue d'une contrée lointaine».

Mme Suu Kyi a ensuite rencontré le président Barack Obama à la Maison-Blanche, lui aussi un lauréat du prix Nobel de la paix. Ils ont paru détendus et souriants durant leur conversation dans le Bureau ovale. Aucun d'eux n'a fait de déclaration officielle aux photographes présents pour immortaliser la rencontre.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, avait affirmé plus tôt que M. Obama avait très hâte de discuter avec la dissidente. Un autre dirigeant américain avait toutefois précisé que cette rencontre ne ferait l'objet d'aucune couverture médiatique, puisque Aung San Suu Kyi n'est pas une chef d'État. Washington désire aussi probablement éviter de porter ombrage à la visite du président birman, Thein Sein, à New York la semaine prochaine à l'occasion de la rencontre de l'Assemblée générale des Nations unies.

L'administration Obama a d'ailleurs veillé à contrebalancer les fleurs lancées à la «Dame de Rangoun» avec une reconnaissance des efforts démocratiques déployés par le leader militaire réformiste de la Birmanie. Le département du Trésor des États-Unis a fait savoir, mercredi, qu'il retirait le président Thein Sein et l'un de ses principaux lieutenants de la liste des individus sous le coup de sanctions.

Mme Suu Kyi a été confinée à domicile pendant 15 ans pour s'être opposée à la junte birmane.

Thein Sein est un membre de l'ancienne dictature militaire qui a permis la détente politique ayant mené à la libération de Mme Suu Kyi à la fin de 2010. La dissidente a depuis été élue membre du parlement.

Les États-Unis ont ensuite normalisé leurs relations avec la Birmanie et, en juillet, les entreprises américaines ont reçu l'autorisation de recommencer à investir dans ce pays. L'administration Obama pourrait maintenant lever l'interdit qui pèse sur les importations en provenance de Birmanie.

Aung San Suu Kyi a exprimé son soutien à cette mesure mardi, à l'occasion d'une rencontre avec Mme Clinton. La sécrétaire d'État s'est toutefois inquiétée des liens militaires qui unissent toujours la Birmanie à la Corée du Nord. La performance du pays en matière de droits de la personne fait également encore sourciller plusieurs opposants.

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