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Attaques "aveugles" de l'armée selon Amnesty, Salehi à Damas

19/09/2012 04:30 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

L'armée pilonnait mercredi plusieurs zones aux mains des rebelles en Syrie, notamment à Alep, des attaques "aveugles" dont les principales victimes sont des civils, a dénoncé Amnesty International.

Dans le même temps, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, dont le pays est un allié du régime syrien, est arrivé à Damas où il doit s'entretenir avec le président Bachar al-Assad.

Sur le terrain, l'armée bombardait en matinée les quartiers de Hanano, al-Chaar, Sakhour, Massaken al-Fardos et Kalassé à Alep, grande métropole du nord, faisant "plusieurs blessés et causant des dégâts à des immeubles", selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Plusieurs localités de la province d'Alep étaient également bombardées, selon cette ONG qui se base sur les témoignages de militants sur place.

Le correspondant de l'AFP à Alep a évoqué "une intensification des combats mardi soir" ainsi que "des attaques rebelles contre des centres de sécurité".

A Damas, des combattants rebelles ont annoncé leur "retrait" des quartiers de Hajar al-Aswad et Assali (sud), après de violents affrontements avec les forces loyalistes qui ont duré des semaines, accompagnés d'intenses bombardements, a affirmé l'OSDH.

Mardi, près de 40 personnes ont été tuées à Damas, selon l'OSDH.

Le quotidien al-Watan proche du pouvoir titrait mercredi: "Damas est sécurisée", "l'armée anéantit les terroristes à Alep". Depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011, les autorités assimilent les rebelles à des "terroristes" appuyés selon elles par l'étranger.

Les forces régulières bombardaient également plusieurs zones dans les régions de Deir Ezzor (est), Lattaquié (nord-ouest) et Homs (centre), selon l'OSDH.

Mardi, les violences avaient coûté la vie à 173 personnes, selon un bilan de l'OSDH.

Les civils, parmi lesquels de nombreux enfants, sont les principales victimes des attaques menées "de façon continue et aveugle" par l'armée, a dénoncé Amnesty International dans un communiqué.

"Ces dernières semaines, dans les zones où les forces de l'opposition ont fait reculer les forces gouvernementales, il y a des bombardements aveugles sur les territoires perdus avec des conséquences désastreuses pour la population civile", a indiqué Donatella Rovera, principale conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise qui s'est récemment rendue dans le nord de la Syrie.

"Des attaques près d'hôpitaux peu après un grand afflux de blessés, ou sur des queues de personnes achetant du pain, font penser que de telles attaques visent délibérément de grands rassemblements de civils", indique le communiqué parlant de "grave violation au droit humanitaire international" et de "crime de guerre", poursuit l'ONG.

Plus au nord, trois habitants de la ville turque d'Akçakale (sud-est) ont été blessés par des tirs provenant du poste-frontière syrien de Tall al-Abyad, où les rebelles syriens affrontent depuis mardi les forces régulières, a rapporté la chaîne privée NTV.

Alors qu'aucune issue à la crise ne semble en vue, tant les divisions internationales sont profondes, le ministre iranien des Affaires étrangères est arrivé à Damas où il a rencontré son homologue Walid Mouallem, selon un photographe de l'AFP.

Cette visite intervient après la réunion lundi au Caire du "groupe de contact" régional sur la Syrie (Iran, Egypte, Turquie et Arabie saoudite), en l'absence d'un représentant de Ryad.

Selon des médias iraniens, M. Salehi a proposé lors de cette réunion l'envoi en Syrie d'observateurs des quatre pays pour tenter d'aider à mettre fin aux violences.

Il a également "appelé à un arrêt simultané des violences par les parties en présence, à un règlement pacifique sans intervention étrangère et à un arrêt de l'aide financière et militaire à l'opposition syrienne", selon Irna.

L'Iran comme la Russie et la Chine, deux autres alliés de Damas, prônent un dialogue entre le régime et l'opposition alors que les pays occidentaux, ainsi que la Turquie, réclament un départ du pouvoir de M. Assad.

Le médiateur international Lakhdar Brahimi rencontrera lundi les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU pour rendre compte de ses entretiens à Damas la semaine dernière, selon l'ambassadeur allemand à l'ONU Peter Wittig.

Le régime syrien prévoit d'utiliser "en dernier recours" des armes chimiques contre sa propre population, affirme un général syrien ayant fait défection et présenté comme l'ancien chef de l'arsenal chimique du pays, dans un entretien publié mercredi par le quotidien britannique The Times.

Le général Adnan Sillu assure avoir fait défection il y a trois mois après avoir participé à des entretiens à un haut niveau sur l'utilisation d'armes chimiques contre les rebelles et la population.

bur-vl/sw

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