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Attaque anti-américaine: tension au sein des services de sécurité à Benghazi

19/09/2012 03:39 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

La tension est montée jeudi au sein des services de sécurité de Benghazi après la démission d'un haut responsable de sécurité et le rejet par des officiers du limogeage de leurs chefs, plus d'une semaine après l'attaque meurtrière contre le consulat américain.

Le chef de la Haute commission de sécurité de la ville de Benghazi, dans l'Est de la Libye, Fawzi Wanis al-Kadhafi, a démissionné en invoquant des "problèmes" au sein de l'appareil sécuritaire.

"Il y a des problèmes au ministère de l'Intérieur et des différends existent entre les services de sécurités. Les conditions de travail ne sont plus comme avant, donc j'ai décidé de démissionner", a déclaré à l'AFP M. al-Kadhafi, sans fournir d'autres détails.

La Haute commission de la sécurité qui dépend du ministère de l'Intérieur a été formée par les rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi, pour assurer la sécurité en Libye et éviter le chaos après la chute de l'ancien régime en octobre 2011.

La démission de Fawzi al-Kadhafi intervient deux jours après le limogeage de deux hauts responsables chargés de la sécurité dans l'Est du pays.

Ainsi, le ministre de l'Intérieur avait annoncé lundi avoir limogé le vice-ministre en charge de la région Est, Wanis al-Charef, ainsi que le directeur de la Sûreté nationale à Benghazi, le général Hussein Bou Hmida.

Une trentaine d'officiers ont dénoncé jeudi à Benghazi ces décisions et brandi la menace de démissionner.

"Nous refusons et avec force les décisions émises par le ministre de l'Intérieur, qui n'étaient pas étudiées (...) et qui ne servent pas l'intérêt général", ont indiqué ces hauts-gradés dans un communiqué lu par un porte-parole des services de sécurité à Benghazi, Ezzeddine al-Fazzani.

Ils ont demandé par ailleurs le limogeage du ministre de l'Intérieur, Fawzi Abdelali, qu'ils considèrent comme le "premier responsable" des lacunes dans les services de sécurité.

Ces officiers, parmi lesquels figurent 14 colonels, ont menacé de démissionner si le gouvernement ne revient pas sur sa décision.

Ils ont présenté Wanis al-Charef et Hussein Bou Hmida comme les "boucs émissaires" de l'attaque du 11 septembre contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui a coûté la vie à l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains.

Selon eux, le ministre n'a pas contacté les responsables de sécurité dans l'Est du pays au moment de l'attaque.

"Nous avons tenté de le joindre à plusieurs reprises, en vain", a expliqué M. Fazzani.

Selon lui,"Wanis al-Charef a beaucoup donné à la région Est, contrairement au ministre".

L'attaque contre le consulat américain avait été mise sur le compte de manifestants en colère contre un film amateur dénigrant notamment le prophète Mahomet produit et réalisé aux Etats-Unis.

Mais des responsables libyens et américains n'ont pas écarté l'hypothèse d'une attaque planifiée, voire une implication du réseau Al-Qaïda.

str-ila/hj

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