NOUVELLES

Assermentés de frais, les ministres font leurs premiers pas devant la presse

19/09/2012 08:04 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

QUÉBEC - Fraîchement assermentés, quelques ministres ont fait leurs premiers pas devant les journalistes, mercredi, pour esquisser les grandes lignes de leurs mandats, réservant toutefois les détails pour plus tard.

Dix des 23 membres du nouveau gouvernement péquiste se sont prêtés au jeu, juste après leur présentation par la première ministre Pauline Marois.

À l'image de plusieurs de ses collègues qui ont refusé d'élaborer sur leurs dossiers en raison de leur toute nouvelle entrée en fonction, Agnès Maltais, titulaire des ministères du Travail et de l'Emploi, a réservé ses avis pour plus tard, concernant un rééquilibrage des forces pour les administrations municipales, ou encore une éventuelle refonte de la loi anti-briseurs de grève.

«Bonne question, a-t-elle lancé. À laquelle j'aurai une réponse quand j'aurai commencé à revoir tous les dossiers. J'ai reçu hier soir le mandat, aujourd'hui c'est l'assermentation, nous allons revoir les choses une par une mais je n'ai pas encore rencontré l'équipe du ministère.»

De son côté, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, n'a pas été en mesure de préciser si le premier conseil des ministres, jeudi, servira à décréter l'annulation de la hausse des droits de scolarité, une promesse de Mme Marois.

M. Duchesne a affirmé qu'il ne disposait pas de l'ordre du jour de la rencontre ministérielle, mais il a insisté sur l'importance de procéder de façon respectueuse.

«On ne tardera pas trop, mais on va fonctionner d'une façon respectueuse et au rythme qu'on peut le faire, pour s'assurer que ça puisse se réaliser, pour qu'on arrive à bon compte. Mais c'est clair qu'il faut un changement drastique dans ce domaine-là», a-t-il dit.

Concernant les bonifications du régime des prêts et bourses, décidés pas les libéraux au printemps dernier, M. Duchesne a estimé qu'elles devraient être là pour rester.

«Je ne pense pas qu'on puisse, dans la façon dont je le perçois pour l'instant, reculer, a-t-il dit. C'est dans les choses qu'il faudra vérifier.»

Nicolas Marceau, ministre de Finances, a été parmi les plus affirmatifs, maintenant l'objectif de retour à l'équilibre budgétaire pour l'exercice 2013-14.

«C'est un engagement ferme, nous ne dévierons pas de cet objectif, c'est fondamental», a-t-il dit.

M. Marceau a réitéré l'engagement des péquistes à annuler la taxe santé, quitte à faire des compromis avec l'opposition.

«L'objectif, nous l'avons fixé clairement et nous allons l'atteindre», a-t-il dit.

Le ministre de la Santé Réjean Hébert a affirmé que le gouvernement maintient le cap pour doter chaque Québécois d'un médecin de famille d'ici quatre ans.

Jugeant que la Coalition avenir Québec a fait des propositions irréalistes en promettant d'atteindre cet objectif en un an, M. Hébert a cependant indiqué que les soins aux personnes vulnérables seront en priorité.

«Nous pensons qu'en quatre ans, c'est le délai qui est permis pour atteindre l'objectif, a-t-il dit. Il est clair que dans les deux prochaines années, on va mettre les bouchées doubles de façon à ce qu'on puisse permettre aux clientèles vulnérables d'avoir accès à un médecin de famille le plus rapidement possible.»

Le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée a affirmé que le Québec continuera d'envoyer un représentant au sein de la délégation canadienne à l'UNESCO, même si les péquistes souhaiteraient plutôt avoir leur propre siège dans le forum international.

M. Lisée, qui sera aussi responsable des relations avec les anglophones, a affirmé qu'il s'agit d'un geste d'ouverture envers cette communauté.

«Je m'intéresse à la communauté anglophone depuis plusieurs années, j'ai écrit qu'il faut arrêter d'opposer la sécurité linguistique des anglophones, des francophones et des premières nations, a-t-il dit. Au contraire, il faut tenter d'avancer vers cette triple sécurité qui n'a pas à s'opposer.»

Alexandre Cloutier, ministre délégué aux Affaires intergouvernemetales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste, a déclaré que son gouvernement défendra les compétences et intérêts du Québec, sans toutefois pouvoir préciser ses priorités pour le moment.

M. Cloutier s'est montré confiant de parvenir à des terrains d'entente avec l'opposition concernant les réclamations envers Ottawa.

«Autant l'opposition devra reconnaître que nous sommes les plus nombreux à l'Assemblée nationale, autant nous devons aussi reconnaître que nous sommes un gouvernement minoritaire, a-t-il dit. Ceci dit, même sur les enjeux Québec-Ottawa, il y aura des éléments qui nous rassembleront.»

Sylvain Gaudreault, ministre des Transports et ministre des Affaires municipales, s'est fait demander lors d'un point de presse si la «bouchée» n'était pas trop grosse, avec le regroupement de deux portefeuilles importants entre les mains d'un seul titulaire.

«Ça donne plutôt une image et une idée et une orientation de cohérence entre ces deux fonctions importantes de l'État», a-t-il dit.

PLUS:pc