NOUVELLES

Tunisie: la presse brocarde l'échec de l'arrestation d'un chef salafiste

18/09/2012 06:00 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

La presse tunisienne critiquait vivement mardi l'échec la veille de l'arrestation d'un chef d'un groupe salafiste jihadiste tunisien, recherché après l'attaque de l'ambassade américaine, et qui a prêché en plein centre de Tunis sans que les policiers présents n'interviennent.

"Non seulement il ne se cache pas, mais il ose narguer tout le système (...). Il ne fait aucun doute que c'est la souris qui défie le chat", souligne le Quotidien. "Coupable ou innocent, la moindre des choses c'est qu'on aurait pu arrêter le suspect, ne serait-ce que pour sauver les apparences".

Seif Allah Ibn Hussein, alias Abou Iyadh, chef du courant "Ansar al-charia" (Partisans de la charia), a prêché lundi après-midi dans la mosquée Al-Fatah à Tunis entouré de ses partisans et en est reparti malgré la présence, au début de son prêche, de nombreux membres des forces de sécurité venus l'arrêter.

Le quotidien Le Temps relève ainsi qu'Abou Iyadh a pu répandre son "venin vindicatif à la mosquée Al-Fatah avant qu'on ne le prévienne et qu'on ne lui donne le temps de déguerpir. Cela évoque un scénario de déjà vu: c'est comme cela que (Oussama) ben Laden a nargué les Américains durant des décennies".

Abou Iyadh a accusé lundi dans son prêche la police d'avoir provoqué les manifestants qui ont attaqué l'ambassade américaine vendredi et a appelé à la démission du ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh.

Le porte-parole du ministère, Khaled Tarrouche, cité par la presse tunisienne mardi, a expliqué que les policiers avaient renoncé à intervenir afin d'éviter de nouveaux débordements.

"Les unités des forces de sécurité ont procédé à un recul tactique pour ne pas entrer en confrontation avec les groupes salafistes présents", a-t-il expliqué, assurant que l'arrestation n'avait été que "reportée".

Quatre personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées lorsqu'une manifestation devant l'ambassade des Etats-Unis contre un film islamophobe avaient dégénéré en violences vendredi.

Une séance plénière de l'Assemblée nationale constituante va être consacrée mercredi après-midi à des questions au gouvernement sur ces événements, alors que les appels à la démission du ministre de l'Intérieur se multiplient.

alf/kl/fc

PLUS:afp