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Syrie : violents combats sur fond de ballet diplomatique

18/09/2012 08:31 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

L'armée loyaliste au président syrien Bachar Al-Assad et les insurgés se sont affrontés mardi à la frontière turque, où les opposants au régime veulent visiblement de contrôler le poste-frontière de Tel Abyad pour alimenter la rébellion à l'intérieur de la Syrie.

Les rebelles veulent également prendre le dessus dans cette province, Rakka, qui est restée majoritairement loyale au président Bachar Al Assad.

Par ailleurs, les combats se sont poursuivis dans plusieurs quartiers rebelles d'Alep, la deuxième ville du pays.

Le régime affirme que ses troupes contrôlaient le quartier stratégique de Midane après une semaine de combats acharnés, mais depuis le début de « la bataille d'Alep », la situation a toujours été volatile et les lignes de front ne cessent de bouger au gré des avancées des deux camps.

La tête d'Assad mise à prix

Pendant ce temps, le journal Al-Quds Al-Arabi rapporte que le commandant Ahmed Hedjazi, un des dirigeants de l'Armée syrienne libre (ASL), a déclaré que son organisation offrait une récompense de 25 millions de dollars pour celui qui éliminerait ou arrêterait le président syrien Bachar Al-Assad.

Il a indiqué que le montant provient d'hommes d'affaires syriens autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Le commandant a expliqué que le but de cette opération est d'inciter des proches du président à le renverser.

L'Iran propose l'envoi d'observateurs

Par ailleurs, lors d'une réunion lundi soir au Caire du « groupe de contact » quadripartite sur la Syrie (Iran, Égypte, Turquie et Arabie saoudite), Téhéran a proposé l'envoi d'observateurs des quatre pays.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a appelé à « un arrêt simultané des violences par les parties en présence, à un règlement pacifique sans intervention étrangère et à un arrêt de l'aide financière et militaire à l'opposition syrienne ».

Colère des réfugiés

De leur côté, les réfugiés syriens en Turquie et en Jordanie ont reçu vertement l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, qui s'est rendu pour s'enquérir de la situation des réfugiés.

Au camp Zaatari, en Jordanie, quelque 200 personnes en colère ont jeté des pierres sur son convoi au moment où il partait. « Brahimi, pars d'ici! », ont-ils scandé.

Les réfugiés reprochent au diplomate sa récente rencontre avec Bachar Al-Assad, lors d'une mission de quatre jours en Syrie. Lakhdar Brahimi s'était alors entretenu avec le président syrien ainsi qu'avec des opposants et des chefs de la rébellion.

Paris travaille avec l'opposition

Sur les ondes de la chaîne radio France Inter, l'ambassadeur de France en Syrie, Eric Chevallier, a indiqué que son pays travaille avec l'opposition armée et discute « très sérieusement » de la question de la livraison d'armes.

« Nous travaillons avec l'opposition pour les aider à se structurer et j'ai instruction du président de la République pour parler avec l'ensemble des composantes de l'opposition, y compris, et nous sommes le premier pays à le faire de façon aussi structurée, avec les groupes armés », a déclaré M. Chevallier.

La France livre déjà des équipements non létaux (non destinés à tuer) à l'opposition.

« Nous sommes très activement engagés pour soutenir la révolution syrienne parce qu'elle correspond aux aspirations de liberté qu'on retrouve dans les valeurs françaises, mais nous sommes aussi vigilants. Ce n'est pas un soutien sans réserve », a ajouté M. Chevallier, qui gère le dossier syrien depuis la France, après la décision des autorités françaises de fermer l'ambassade à Damas au printemps dernier.

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