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Ramallah: manifestation de soutien aux prisonniers en grève de la faim

18/09/2012 08:14 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

Environ 200 Palestiniens ont manifesté mardi devant les bureaux du Croissant Rouge à Ramallah en solidarité avec des prisonniers palestiniens en grève de la faim prolongés en Israël.

Quatre prisonniers palestiniens refusent de s'alimenter, dont certains depuis plusieurs mois, pour protester contre leur maintien en détention administrative par Israël.

Cette disposition, héritée du mandat britannique, prévoit qu'un tribunal militaire peut ordonner la mise en détention sans inculpation ni procès pour une période de six mois, renouvelable indéfiniment.

L'un des quatre prisonniers, Samer Barq, âgé de 38 ans, a été transféré dans le service de soins intensifs du centre médical Assaf Harofeh, dans le centre d'Israël, a indiqué lundi le Club des prisonniers palestiniens basé à Ramallah.

Des responsables du Club des prisonniers ont indiqué mardi à l'AFP que son état s'était amélioré sans préciser s'il était toujours en soins intensifs. Ils ont ajouté que Hassan Safdi, qui refuse aussi de s'alimenter depuis plusieurs mois, était lui aussi hospitalisé à Assaf Harofeh.

Deux autres prisonniers, Ayman Sharawneh et Samer Assawi, poursuivent leur grève de la faim en prison, ont-ils précisé.

Des dizaines de Palestiniens ont aussi manifesté devant les locaux de la Croix Rouge à Jérusalem-Est pour réclamer la libération de Samer Assawi, originaire de la partie orientale de la Ville Sainte, occupée et annexée par Israël à l'issue de la guerre des Six Jours (juin 1967).

La semaine dernière, le Comité international de la Croix Rouge (CICR) s'est déclaré "extrêmement préoccupé par la détérioration de l'état de santé" de Samer Barq, Hassan Safadi et Ayman Sharawneh. 

"Ces hommes vont mourir si les autorités (...) ne trouvent pas rapidement une solution", a souligné Juan Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR pour Israël et les Territoires occupés.

La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a également exprimé sa "profonde préoccupation" face à "la détérioration de l'état de santé" des détenus palestiniens en grève de la faim prolongée.

Par ailleurs, un ex-chef paramilitaire de Jénine (nord de la Cisjordanie), Zakaria Zoubeïdi, a décidé d'observer une grève de la faim "jusqu'à la mort" pour protester contre son incarcération par l'Autorité palestinienne, selon un communiqué du Théâtre de la Liberté de Jénine, dont il est un des fondateurs.

Zakaria Zoubeïdi, ancien chef des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa à Jénine et qui avait déposé les armes en 2007, est en détention sans inculpation à Jéricho, près de Jérusalem, depuis le 13 mai dernier, selon son avocat.

Il a été arrêté à Jénine par les forces de sécurité palestiniennes lors d'un coup de filet consécutif au décès le 2 mai du gouverneur local Qaddoura Moussa, qui a succombé à une crise cardiaque après des tirs contre sa maison. Sa détention a été renouvelée lundi pour une période de 19 jours.

Dans un communiqué, l'association Human Rights Watch (HWR) a appelé Israël et l'Autorité palestinienne à "inculper immédiatement ou relâcher les prisonniers qu'ils détiennent arbitrairement et à ouvrir une enquête sur les accusations d'abus à leur encontre derrière les barreaux".

Quelque 170 Palestiniens sont actuellement en détention administrative en Israël, selon HRW.

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