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Les combats reprennent à Alep, l'Iran propose des observateurs

18/09/2012 05:17 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

De violents combats ont repris mardi à l'aube dans des quartiers rebelles d'Alep, selon des habitants de cette métropole du nord de la Syrie, où l'Iran, allié de Damas, a proposé d'envoyer des observateurs pour tenter de faire taire les armes.

Lors d'une réunion lundi soir au Caire du "groupe de contact" quadripartite sur la Syrie (Iran, Egypte, Turquie et Arabie saoudite), Téhéran a proposé l'envoi d'observateurs des quatre pays, malgré l'échec de missions similaires sous l'égide de la Ligue arabe cet hiver puis de l'ONU.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a appelé à "un arrêt simultané des violences par les parties en présence, à un règlement pacifique sans intervention étrangère et à un arrêt de l'aide financière et militaire à l'opposition syrienne", selon l'agence Irna.

Son ministère a parallèlement démenti l'envoi en Syrie de Gardiens de la révolution (Pasdaran), la force d'élite du régime iranien, au lendemain de déclarations du commandant en chef des Pasdaran, qui avait évoqué une mission de conseil en Syrie et au Liban voisin.

Après avoir participé à la réunion du Caire, Lakhdar Brahimi, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, devait se rendre mardi en Turquie pour visiter un camp de réfugiés proche de la frontière syrienne, selon un responsable du ministère turc des Affaires étrangères.

M. Brahimi vient d'achever une visite de quatre jours à Damas, au cours de laquelle il s'est entretenu avec le président Bachar al-Assad et avec des chefs de la rébellion, mais l'opposition a déjà estimé que la poursuite des violences et le blocage au Conseil de sécurité de l'ONU vouaient sa mission à l'échec.

Sur le terrain, des affrontements ont éclaté à Boustane al-Kasr et à Izaa, dans le sud-ouest d'Alep, et l'armée a bombardé les deux quartiers, ont annoncé des habitants à l'AFP, en signalant aussi des combats plus au sud, à Soukkari, où sont également retranchés des rebelles.

Deux civils ont péri dans un bombardement du quartier Sakhour (est), et dans la région, deux civils dont une femme ont été tués et plusieurs autres blessés dans des bombardements des localités d'al-Bab et de Sfira, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Lundi, les violences avaient fait au moins 137 morts --72 civils, 41 soldats et 24 rebelles-- à travers le pays, selon le bilan quotidien de l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants. Au total, les violences ont fait plus de 27.000 morts en 18 mois d'une révolte qui s'est militarisée face à la répression, selon l'OSDH.

Le régime a affirmé que ses troupes contrôlaient le quartier stratégique de Midane, dans le centre d'Alep, après une semaine de combats acharnés.

Sur place, l'armée conseillait toutefois aux habitants d'éviter une partie du quartier, prévenant que des tireurs embusqués pourraient y être retranchés. Près de cette zone, un correspondant de l'AFP a vu lundi une dizaine de corps de rebelles gisant au sol.

Et le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a rappelé que la situation à Alep, théâtre depuis près de deux mois d'une bataille cruciale entre armée et rebelles, était très mouvante.

"Quand l'armée dit contrôler un secteur, ce n'est que temporaire (...). Ils prennent des quartiers puis il y a des affrontements de nouveau avec la guérilla, ce n'est pas un véritable progrès", a-t-il expliqué.

Ce caractère relatif des avancées s'applique également aux rebelles. "Ils disent contrôler un barrage ou un poste, puis l'armée revient pour tout détruire, ce n'est pas vraiment un contrôle", a déclaré M. Abdel Rahmane.

"La vraie supériorité du régime, c'est son armée de l'air", capable de faire planer une menace permanente partout dans le pays, a-t-il rappelé.

Selon le magazine allemand Der Spiegel paru lundi, l'armée syrienne a effectué des essais avec des armes chimiques fin août à l'est d'Alep. Washington et Paris ont plusieurs fois prévenu que l'utilisation d'armes chimiques par Damas constituerait une ligne rouge et entraînerait une réaction internationale.

bur-fc/sw

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