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Les civils, "victimes d'attaques aveugles" en Syrie, selon Amnesty

18/09/2012 04:05 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

Les civils, parmi lesquels de nombreux enfants, sont les principales victimes des attaques menées de façon continue et aveugle par l'armée syrienne, a dénoncé mercredi Amnesty International dans un communiqué.

"Les forces gouvernementales bombardent (...) maintenant systématiquement les villes et villages, ayant recours à des armes lourdes qui ne peuvent viser des cibles spécifiques, sachant que les victimes de telles attaques aveugles sont presque toujours des civils", a indiqué Donatella Rovera, principale conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise.

"De telles armes ne devraient jamais être utilisées contre les zones résidentielles", a ajouté Mme Rovera, qui s'est récemment rendue dans le nord de la Syrie.

L'ONG basée à Londres estime que les violences dans les villes d'Idleb et Jabal al-Zawiya, dans le nord-ouest du pays, ainsi qu'à Hama (centre), sont peu médiatisées contrairement à celles qui sont perpétrées à Damas ou Alep, la deuxième ville du pays.

Le 16 septembre, huit civils, dont cinq enfants, ont été tués et de nombreuses autres personnes blessées dans une série de frappes aériennes à Kafr Awayed, dans la région de Jabal al-Zawiya. Des habitants ont raconté à Amnesty que sept des victimes avaient été tuées à une fête de mariage et dans des maisons proches, et qu'un garçon de six ans avait péri en achetant son pain.

Elle fait état "au quotidien de bombardements, de frappes à l'artillerie et au mortier", indique le communiqué.

L'ONG se base sur une enquête de terrain menée en septembre qui a recensé des attaques ayant tué 166 civils, dont 48 enfants et 20 femmes.

"Ces dernières semaines, dans les zones où les forces de l'opposition ont fait reculer les forces gouvernementales, il y a des bombardements aveugles sur les territoires perdus avec des conséquences désastreuses pour la population civile".

"Des attaques près d'hôpitaux peu après un grand afflux de blessés, ou sur des queues de personnes achetant du pain, font penser que de telles attaques visent délibéremment de grands rassemblements de civils", indique le communiqué parlant de "grave violation au droit humanitaire international" et de "crime de guerre".

Ainsi, le 22 août, "un bombardement près d'une épicerie a tué 13 civils" à Kafr Nabel, dans la région d'Idleb, indique Amnesty.

ser-vl/cco

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