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Film islamophobe: Al-Qaïda menace les diplomates américains au Maghreb

18/09/2012 05:28 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a appelé mardi à s'en prendre aux diplomates américains dans plusieurs pays d'Afrique du Nord, en guise de représailles au film islamophobe qui ridiculise le prophète Mahomet.

AQMI a salué dans un communiqué la mort de Christopher Stevens, l'ambassadeur américain en Libye tué le 11 septembre lors de l'attaque du consulat à Benghazi, et a brandi la menace d'attaques en Algérie, en Tunisie, au Maroc et en Mauritanie.

Le groupe accuse les États-Unis d'avoir «menti aux musulmans pendant plus de dix ans, en affirmant que leur guerre était menée contre le terrorisme et pas l'islam».

AQMI appelle les musulmans à brûler des drapeaux américains devant les ambassades et à tuer ou à expulser les diplomates américains pour «purger notre terre de leur saleté afin de venger l'honneur du prophète».

La branche d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), établie au Yémen, a déjà proféré des menaces similaires contre les représentations diplomatiques américaines.

Si les manifestations contre le film amateur «Innocence of Muslims», produit aux États-Unis, se sont apaisées en Égypte et en Tunisie, des rassemblements ont dégénéré au Pakistan et dans la partie indienne du Cachemire. Des manifestations ont également eu lieu en Indonésie et en Thaïlande.

En Égypte, le procureur général a délivré des mandats d'arrêt contre sept chrétiens coptes égyptiens, dont Nakoula Basseley Nakoula, auteur présumé du film qui vit en Californie, et contre le pasteur américain Terry Jones, connu pour avoir brûlé des exemplaires du Coran à l'occasion du neuvième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

Les mandats d'arrêt semblent largement symboliques, puisque les suspects, sept hommes et une femme, se trouveraient tous hors du territoire égyptien. Ils sont accusés d'atteinte à l'unité nationale, d'insulte, d'attaque publique contre l'islam et de diffusion de fausses nouvelles. Ils pourraient être passibles de la peine capitale, d'après le bureau du procureur.

Quelque 500 Palestiniens ont par ailleurs manifesté contre le film controversé mardi dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, en scandant «Nous t'aimons Mahomet» et «Nous nous sacrifierons tous pour le prophète».

Environ 200 manifestants ont marché vers un point de contrôle israélien un peu plus loin, où ils ont lancé des pierres et des cocktails Molotov aux forces de sécurité, qui ont riposté avec des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes et des tirs de balles de caoutchouc. Aucun blessé grave n'a été signalé.

Au Bangladesh, le gouvernement a bloqué le site de partage de vidéo en ligne YouTube lundi soir pour empêcher le visionnement du film, selon un porte-parole de l'entreprise publique des télécommunications. Mir Mohammaed Morshed a précisé que cette mesure serait maintenue jusqu'à nouvel ordre.

En Indonésie, environ 200 sympathisants de diverses organisations islamistes ont brûlé un drapeau américain et des pneus devant le consulat des États-Unis à Medan, la troisième ville du pays. Quelques-uns ont déployé une banderole disant «Va en enfer, Amérique», tandis que d'autres piétinaient des dizaines de drapeaux en papier.

À Makassar, une centaine d'étudiants religieux ont appelé à la peine de mort pour le réalisateur d'«Innocence of Muslims».

Des manifestations ont également eu lieu à Gorontalo et Palu, où les protestataires ont appelé au boycottage des produits américains et des pays alliés des États-Unis. Une cinquantaine de personnes ont contraint des enseignes internationales de restauration rapide, comme Kentucky Fried Chicken et Texas Chicken, à fermer leurs portes pour la journée.

À Srinagar, au Cachemire indien, des manifestants ont brûlé des drapeaux américains et une effigie du président Barack Obama, entraînant la fermeture des commerces et l'interruption des transports publics. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, qui tentait de pénétrer dans le principal quartier commercial en jetant des pierres.

Au Pakistan, des centaines de personnes rassemblées à l'appel de la branche jeunesse du parti Jamaat-e-Islami ont franchi une barricade devant le consulat des États-Unis à Peshawar. Des manifestants ont lancé des briques et des tissus enflammés sur les policiers, qui les ont repoussés en tirant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Plusieurs blessés ont été signalés dans les deux camps.

En Thaïlande, environ 400 personnes ont manifesté pacifiquement devant l'ambassade des États-Unis à Bangkok en brandissant des pancartes et des banderoles disant «Nous aimons le prophète Mahomet» et «Cessez d'insulter notre religion». Le rassemblement était encadré par quelque 700 policiers.

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