Le procureur général d'Egypte a engagé mardi des poursuites contre sept Coptes égyptiens vivant aux Etats-Unis et soupçonnés d'être impliqués dans la production ou la distribution du film amateur islamophobe à l'origine d'une vague de violences dans le monde musulman.

Les sept hommes --Morris Sadek, Nabil Bissada, Esmat Zaklama, Elia Bassily, Ihab Yaacoub, Jack Atallah et Adel Riad-- sont accusés d'«insultes à la religion islamique, insultes au prophète (Mahomet) et incitation à la haine religieuse», selon un communiqué du parquet.

La date du procès n'a pas encore été fixée.

Les sept Coptes (chrétiens d'Egypte) sont accusés en lien avec le film "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans"), un brûlot à petit budget qui dépeint le prophète Mahomet comme un voyou aux pratiques déviantes et a offensé de nombreux musulmans.

La diffusion sur YouTube d'un extrait de ce film amateur produit par un petit groupe de chrétiens extrémistes américains a déclenché une vague de protestations anti-américaines dans une vingtaine de pays, dont l'Egypte.

Le 11 septembre, les forces de l'ordre égyptiennes ont été lentes à réagir quand des manifestants ont attaqué l'ambassade des Etats-Unis au Caire, escaladant les murs et arrachant un drapeau américain pour hisser à sa place un drapeau islamiste noir.

Le président américain Barack Obama a appelé son homologue égyptien Mohamed Morsi pour exprimer son inquiétude après l'incident. M. Morsi, ancien responsable des Frères musulmans, a condamné les violences mais soutenu les manifestations pacifiques contre le film.

Dans les jours qui ont suivi, les forces de sécurité ont affronté les manifestants et les ont empêchés d'approcher l'ambassade.

Selon le quotidien américain Washington Post, la lenteur des autorités égyptiennes à réagir aux manifestations a mis un coup d'arrêt aux discussions sur un allègement de dette d'1 milliard de dollars de l'Egypte envers les Etats-Unis.

Le Post estime toutefois que cette situation ne devrait probablement être que temporaire, et qu'il n'y avait aucune remise en question fondamentale de l'aide américaine à l'Egypte, qui s'élève à environ 1,5 milliard de dollars par an.

Beaucoup de chrétiens d'Egypte craignent que le film ne fasse monter encore la pression sur leur communauté, qui représente de 6 à 10% des 82 millions d'habitants et dénonce déjà régulièrement des discriminations et des violences à son encontre.

L'Union des jeunes de Maspéro, qui rassemble des militants coptes, a tenu à dire que "les Coptes qui ont pris part à la production du film en question ne sont pas représentatifs de la grande majorité des Coptes. Ils ne représentent ni le christianisme ni l'église, ni les Coptes de la diaspora".

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Les images compilées par nos collègues du HuffPost américain:
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  • A burnt out vehicle sits smoldering in flames after it was set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A broken window after an attack on the U.S. Consulate by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • The U.S. Consulate after an attack by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A burnt car is seen after an attack on the U.S. Consulate by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Soot and debris spills out of the U.S. Consulate after an attack by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A man looks at documents at the U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. The graffiti reads, "no God but God," " God is great," and "Muhammad is the Prophet." (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A man walks on the grounds of the U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Glass, debris and overturned furniture are strewn inside a room in the gutted U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A man walks through a room in the gutted U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Libyans walk on the grounds of the U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Libyans walk on the grounds of the gutted U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A vehicle and the surrounding area are engulfed in flames after it was set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • An armed man waves his rifle as buildings and cars are engulfed in flames after being set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A vehicle burns after it was set on fire inside the US consulate compound in Benghazi late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A vehicle sits smoldering in flames after being set on fire inside the US consulate compound in Benghazi late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A vehicle and surrounding buildings smolder after they were set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • LIBYA CONSULATE

    Map locates Benghazi, Libya, where the U.S. ambassador to Libya and three other Americans were killed in an attack