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Fabius met en garde contre une propagation du conflit syrien au Liban

18/09/2012 09:30 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé mardi au Caire que le conflit syrien ne devait pas se propager au Liban voisin, en mettant en garde contre les "conséquences internationales" de la crise.

"C'est une situation extrêmement grave, qui n'est pas simplement locale mais qui devient un conflit régional avec des conséquences internationales", a dit M. Fabius à propos de la Syrie lors d'un point presse avec son homologue égyptien Mohammed Kamel Amr, après une rencontre avec le président Mohamed Morsi.

Il faut "éviter qu'il y ait une contagion au Liban, ce qui est souhaité sans doute par le clan de M. Bachar al-Assad et qui est à juste titre refusé par les Libanais", a-t-il ajouté.

M. Fabius a réaffirmé qu'il n'y avait "pas de solution" à la crise syrienne "sans le départ du président Bachar al-Assad", en ajoutant que "les positions du président Morsi sont aussi fermes que les nôtres" sur ce sujet.

Le chef de la diplomatie égyptienne, a quant à lui assuré que si la situation continuait de se dégrader en Syrie, "ce ne sera pas seulement la Syrie qui paiera, mais la région entière".

Les deux ministres ont convenu de développer la "coordination" entre leurs pays sur la crise syrienne.

M. Fabius a également indiqué que le président français François Hollande et M. Morsi avaient prévu de se rencontrer à la fin du mois à New York à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies.

M. Morsi, issu des Frères musulmans et élu en juin dernier, a multiplié ces dernières semaines les déclaration plaçant l'Egypte en pointe parmi les pays réclamant un départ rapide du président Assad.

Il est également à l'origine d'un "groupe de contact" régional sur la crise syrienne réunissant l'Egypte, la Turquie et l'Arabie saoudite -hostiles au régime de Damas- et l'Iran -qui le soutient fermement->.

Ce groupe s'est réuni lundi soir au Caire au niveau des ministres des Affaires étrangères égyptien, turc et iranien, mais sans présence saoudienne.

Les participants ont décidé de se revoir à la fin du mois à l'ONU à New York, et Téhéran a proposé l'envoi d'observateurs régionaux en Syrie.

M. Fabius est arrivé lundi soir au Caire pour sa première visite dans ce pays en tant que chef de la diplomatie française.

Cette visite est destinée à marquer l'intérêt de Paris, comme de nombreuses autres capitales occidentales, pour le regain de visibilité de l'Egypte sur la scène internationale depuis l'élection de M. Morsi, en particulier sur le dossier syrien, et soutenir la poursuite du processus de démocratisation du pays.

"Nous voulons avoir une relation très étroite avec le nouveau gouvernement, la nouvelle équipe qui s'est mise en place" après l'élection de M. Morsi, issu des Frères musulmans, en juin dernier, a déclaré M. Fabius lundi soir.

"L'amitié suppose une exigence, mais nous tenons beaucoup à l'amitié" que les deux pays entretiennent depuis longtemps, a ajouté le ministre, en plaidant pour l'intensification des relations économiques et culturelles notamment.

Outre MM. Morsi et Kamel Amr, M. Fabius a rencontré le Premier ministre Hicham Qandil, le chef de la grande institution théologique sunnite d'Al-Azhar, cheikh al-Tayyeb, et le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi.

La France "souhaite accompagner la liberté qui est à l'origine de la révolution égyptienne, tout en évitant l'extrémisme qui serait un désastre non seulement pour la région, mais pour l'Egypte elle-même", a-t-il ajouté.

cr/sw

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