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Deux Suédoises se font transplanter un utérus de mère à fille

18/09/2012 10:03 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

STOCKHOLM - Des médecins suédois ont annoncé mardi avoir accompli la première transplantation d'utérus de mère à fille. Mais l'opération ne sera réussie que si les deux receveuses, âgées d'une trentaine d'années, arrivent à tomber enceintes.

Les spécialistes de l'université de Göteborg ont réalisé l'opération chirurgicale les 15 et 16 septembre, mais ils attendent la fin de la période d'observation, qui va durer un an, pour se prononcer sur la réussite de l'intervention.

«Nous n'appellerons pas cela un succès complet jusqu'à ce qu'il y ait des bébés. C'est la meilleure preuve», a expliqué l'un des chirurgiens suédois, Michael Olausson, à l'Associated Press.

Il a ajouté que les deux femmes avaient entamé une fécondation in vitro avant l'opération. Les embryons seront décongelés et transférés dans l'utérus si les patientes sont en bonne santé à l'issue de la période d'observation, a-t-il souligné. Après deux grossesses au maximum, les utérus seront retirés.

L'université a précisé que l'une des deux femmes avait subi une hystérectomie il y a plusieurs années à la suite d'un cancer du col de l'utérus, tandis que l'autre est née sans utérus.

«Les deux patientes qui ont reçu un nouvel utérus se portent bien, mais elles sont fatiguées après l'opération. Les mères donneuses sont debout et quitteront l'hôpital dans quelques jours», a expliqué le docteur Mats Brannstrom, qui dirige l'équipe, dans un communiqué.

Des médecins turcs ont affirmé l'an dernier avoir réussi la première greffe d'utérus, en transplantant l'utérus d'une donneuse décédée sur une jeune femme. Le docteur Olausson a déclaré que cette patiente se portait bien, mais a dit ignorer si elle suivait déjà un traitement de stimulation de la fertilité.

En 2000, des médecins avaient transplanté un utérus d'une donneuse vivante en Arabie saoudite, mais le greffon avait dû être retiré trois mois plus tard en raison d'un caillot sanguin.

Scott Nelson, qui dirige la chaire d'obstétrique et de gynécologie à l'université de Glasgow, en Écosse, a qualifié la double transplantation suédoise de «grand progrès», mais il a souligné qu'il fallait encore attendre de voir si des enfants pourraient naître ainsi.

«En termes de risques pour la grossesse, on redoute surtout que le placenta ne se développe pas normalement, que le bébé ne grandisse pas correctement ou qu'il soit prématuré», a expliqué ce spécialiste, qui n'a pas participé à l'opération. «La naissance avant terme est un risque majeur», a-t-il souligné.

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