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Affaire Bo Xilai en Chine: le procès du responsable policier prend fin à Chengdu

18/09/2012 04:06 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

CHENGDU, Chine - Le procès de l'ancien responsable policier qui avait révélé le scandale à l'origine de la disgrâce du politicien chinois Bo Xilai a pris fin mardi, sans qu'un verdict ait été prononcé.

Le tribunal intermédiaire du peuple de Chengdu n'a pas rendu de décision au terme des deux jours et demi de procès de Wang Lijun, jugé pour défection, corruption passive, détournement de la loi à son profit et abus de pouvoir. Son avocat a seulement indiqué que le procès était terminé.

Les chefs d'accusation les plus graves, défection et abus de pouvoir, ont été présentés à huis clos lundi. Les accusations sont liées à la mort de l'homme d'affaires britannique Neil Heywood en novembre à Chongqing. La femme du politicien déchu Bo Xilai, Gu Kailai, a été condamnée à la peine de mort avec sursis le 20 août en lien avec cette affaire, après un procès expéditif.

Les accusations retenues contre Wang Lijun se traduisent en général par des condamnations allant de 10 à 20 ans de prison, mais un porte-parole du tribunal a laissé entendre que la justice serait clémente car l'accusé, bien qu'il ait commencé par couvrir le meurtre, s'est ensuite rendu et a collaboré avec les autorités.

Bo Xilai et Wang Lijun se connaissent depuis le début des années 2000, quand le premier gouvernait la province de Liaoning et que le second y luttait contre le crime organisé. Quand Bo a été nommé à la tête de la municipalité autonome de Chongqing, il a fait muter Wang pour y accomplir la même tâche, se bâtissant une envergure nationale.

L'affaire a éclaté en février. Alors que certains médias faisaient état d'une enquête de Bo sur son protégé, Wang Lijun s'était réfugié au consulat des États-Unis de Chengdu, un geste spectaculaire apparemment motivée par des craintes pour sa sécurité. Il y était resté pendant 33 heures, avant de se livrer aux autorités chinoises. Il avait affirmé aux diplomates américains qu'il soupçonnait un assassinat et l'implication de la famille de Bo Xilai dans la mort de Neil Heywood.

Le scandale aurait pu passer inaperçu s'il n'avait pas impliqué un ressortissant étranger. Les autorités chinoises ont été pressées par le gouvernement britannique de faire toute la lumière sur une histoire que les dirigeants du Parti communiste auraient certainement préférée garder secrète.

L'ambassade du Royaume-Uni s'est félicitée dans un communiqué que la Chine ait jugé les responsables de ce crime. Les autorités britanniques avaient demandé à Pékin de ne pas appliquer la peine de mort dans cette affaire et de se conformer aux normes internationales en matière de droits de la personne.

Quant à Bo Xilai, dont le nom n'a pas été cité au procès de Wang, il a perdu son poste de chef de la province de Chongqing et été suspendu du tout-puissant Bureau politique du Parti communiste chinois. Son sort dépend désormais de ses anciens camarades du parti, qui doivent dire s'ils l'excluent des rangs et s'il doit être traduit en justice. Des divergences de vues sur cette question pourraient être à l'origine du délai dans l'annonce de la date du congrès du parti, qui fera monter une nouvelle génération de dirigeants à l'automne.

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