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Caricatures de Mahomet : des précédents qui ont été à l'origine de violences

18/09/2012 04:39 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

La publication par l'hebdomadaire français Charlie Hebdo de caricatures du prophète Mahomet évoque deux précédents qui ont été à l'origine de violences : celui des caricatures danoises en 2005, et l'incendie de ses locaux à Paris en 2011 à la veille de la diffusion de nouvelles caricatures.

Dans les deux cas, l'hebdomadaire satirique français s'est retrouvé en première ligne. En février 2006, il avait repris les 12 caricatures publiées en septembre 2005 par le quotidien danois Jyllands-Posten qui avaient provoqué protestations et violences dans le monde musulman.

En novembre 2011, rebaptisé "Charia Hebdo", en allusion à la loi islamique, il avait présenté en Une la caricature du prophète : ses locaux parisiens avaient alors été détruits par un incendie criminel.

Dans le monde, les 12 dessins de 2005, passés inaperçus dans un premier temps, vont ensuite entraîner de nombreuses protestations. Le plus controversé montre la tête de Mahomet surmontée d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée.

Au Danemark, alors engagé dans la guerre en Irak, les responsables musulmans demandent des excuses, et fin 2005, les ministres arabes des Affaires étrangères réunis au Caire "rejettent et condamnent cette atteinte qui va à l'encontre de la sainteté des religions et des valeurs nobles de l'Islam".

Début 2006, l'Arabie saoudite rappelle son ambassadeur à Copenhague, tandis que le monde arabe boycotte le groupe laitier dano-suédois Arla Foods. Le chef du gouvernement danois, qui restera intransigeant sur la liberté d'expression, explique que ni le gouvernement ni le Danemark ne peuvent "être tenus pour responsables de ce qu'écrivent des journaux indépendants". Le Jyllands-Posten présente ses "excuses" aux musulmans offensés, mais rien n'y fait.

A partir du 1er février, lorsque plusieurs journaux européens, dont Charlie Hebdo en France, publient à leur tour les caricatures au nom de la liberté de la presse, la polémique devient planétaire.

A Gaza, des groupes armés menacent de s'en prendre à des journalistes occidentaux. A Damas, Beyrouth et Téhéran, en Indonésie, en Somalie, en Afghanistan, des manifestations violentes, des attaques et incendies d'ambassades européennes, font plusieurs morts. Des cris de guerre islamistes s'affichent sur la Toile.

Au bout de huit jours, les appels au calme se multiplient et le haut représentant de l'Union européenne, qui soutient fermement le Danemark, effectue une tournée d'apaisement au Moyen-Orient.

Cependant, tout au long de l'année 2006, en Algérie, en Jordanie, en Indonésie, au Yémen, des journalistes sont poursuivis en justice pour avoir reproduit les caricatures.

En France, le directeur de Charlie Hebdo est relaxé en mars 2008, la cour d'appel de Paris, juge qu'il n'y a pas d'injure aux musulmans car les dessins "visent clairement une fraction", à savoir les terroristes, "et non l'ensemble de la communauté musulmane".

Près de quatre ans plus tard, les locaux de Charlie Hebdo sont détruits par un incendie criminel dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011 au moment de la publication d'un numéro spécial rebaptisé "Charia hebdo" avec en Une la caricature d'un prophète Mahomet hilare. Le site internet du journal a également été piraté.

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