NOUVELLES

Birmanie: Clinton met en garde contre d'éventuels "retours en arrière"

18/09/2012 01:58 EDT | Actualisé 18/11/2012 05:12 EST

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a invité mardi la Birmanie à poursuivre ses réformes en mettant en garde contre d'éventuels "retours en arrière", lors d'une rencontre avec l'icône de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi.

Mme Clinton a salué les réformes en cours en Birmanie, avec la libération de dissidents et la première visite d'Aung San Suu Kyi aux Etats-Unis depuis vingt ans, mais s'est inquiétée de tensions communautaires dans le pays et de ses liens présumés avec la Corée du Nord.

"Le gouvernement et l'opposition ont besoin de continuer à travailler ensemble pour unifier le pays, guérir des blessures du passé et avancer dans les réformes", a déclaré Mme Clinton.

En présentant Mme Suu Kyi devant l'Institut américain pour la paix en Asie (US Institute of Peace and Asia Society), après l'avoir reçue au département d'Etat, Mme Clinton a déclaré que la coopération avec Rangoon "protégeait d'éventuels retours en arrière".

"Il y a des forces qui pourraient conduire le pays dans la mauvaise direction si l'occasion se présentait", a-t-elle prévenu.

Le prix Nobel de la Paix a affirmé de son côté qu'elle ne voulait pas que le réchauffement des relations entre les Etats-Unis et la Birmanie soit considéré comme "hostile" à Pékin, grand allié de l'ancienne junte au pouvoir à Rangoon, et souhaité une amélioration des relations entre Washington et Pékin.

C'est une "question naturelle" de se demander si l'engagement des Etats-Unis auprès de la Birmanie ne vise pas à contenir l'influence de la Chine, a reconnu Mme Suu Kyi devant l'Institut.

Mais "cela ne veut pas dire que l'engagement des Etats-Unis auprès de la Birmanie soit systématiquement vu comme un comportement hostile à la Chine", a-t-elle ajouté.

"Ce serait avantageux pour nous que les Etats-Unis et la Chine établissent des relations amicales. Cela nous aiderait beaucoup", a estimé Mme Suu Kyi.

M. Suu Kyi a par ailleurs prévenu que le système judiciaire birman serait "le bras le plus fragile" des réformes.

Mme Suu Kyi a en outre indiqué qu'elle était favorable à ce que les Etats-Unis mettent fin à leurs sanctions contre Rangoon, que l'opposante soutenait auparavant pour faire pression sur le régime militaire qui a pris fin l'an dernier.

"Je ne pense pas que nous ayons besoin de nous cramponner aux sanctions inutilement", a affirmé Mme Suu Kyi.

"Nous avons construit notre démocratie par nous-mêmes et nous aimerions que nos relations avec les Etats-Unis soient fondées fermement sur la reconnaissance du besoin de notre peuple d'être responsable de son propre destin", a-t-elle déclaré.

Les Etats-Unis ont mis fin en juillet à la plupart des restrictions sur les investissements américains en Birmanie.

Aung San Suu Kyi est à Washington depuis lundi pour un voyage de trois semaines à travers les Etats-Unis.

sct/are/jca

PLUS:afp