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USA: la grève des enseignants reconduite à Chicago

17/09/2012 10:23 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Les enseignants de Chicago (Illinois, nord), troisième plus grande communauté éducative des Etats-Unis et fief de Barack Obama, ont entamé leur deuxième semaine de grève alors que le maire de la ville a exprimé son intention de les forcer à reprendre le travail.

Une majorité des 800 représentants des syndicats des écoles publiques ont voté dimanche en faveur d'une reconduction de leur mouvement qui avait débuté lundi dernier afin que leurs représentants aient le temps d'examiner un protocole d'accord conclu ce week-end avec la municipalité.

Dans un communiqué, le maire Rahm Emanuel, ancien chef de cabinet de Barack Obama à la Maison Blanche, a menacé de faire appel à la justice pour mettre fin au mouvement, le premier depuis 25 ans dans cette ville.

"Je ne vais pas rester là à rien faire quand les enfants de Chicago sont pris en otage dans un conflit interne au syndicat", a-t-il estimé. "C'était une grève par choix et c'est une reconduction par choix qui est mauvaise pour nos enfants", a-t-il ajouté.

M. Emanuel estime que la grève est illégale parce qu'elle touche à "des questions qui ne peuvent pas, selon la loi, faire l'objet d'une grève" et parce qu'elle "met en danger la santé et la sécurité de nos enfants".

Après "une franche discussion" au sujet du protocole d'accord, les syndicalistes ont "voté +non+ à la suspension de la grève", a rapporté le syndicat des enseignants de Chicago.

Selon ce syndicat, "cela permettra aux délégués d'avoir deux jours de plus pour examiner le texte et pouvoir discuter avec ses 26.000 membres à Chicago".

Les questions en jeu sont "trop importantes, ont des conséquences trop lourdes pour l'avenir de notre système éducatif public (...) pour que nous prenions une décision sur la base d'une brève discussion", a expliqué la présidente du syndicat, Karen Lewis.

Le principal sujet de discorde porte sur un nouveau système d'évaluation des enseignants basé sur les résultats des élèves qui pourrait, selon les syndicats, conduire au licenciement dans les deux ans de 30% des enseignants, soit environ 6.000 personnes.

Ce mouvement tombe au mauvais moment pour le président Barack Obama, candidat à l'élection présidentielle du 6 novembre, alors que les syndicats sont traditionnellement des soutiens importants du Parti démocrate.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, avait souhaité "que les deux parties puissent se mettre d'accord rapidement dans l'intérêt des élèves", tandis que le candidat républicain Mitt Romney avait indiqué "avoir choisi d'être aux côtés des parents et des élèves".

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