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Tunisie: un parti au pouvoir souhaite la formation d'un gouvernement élargi

17/09/2012 03:31 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Le parti Ettakatol, membre de la coalition au pouvoir dirigée par les islamistes d'Ennahda, a souhaité lundi la formation d'un gouvernement élargi en Tunisie, alors qu'un remaniement du cabinet est attendu depuis juillet dernier.

Formation de centre gauche dirigée par Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), Ettakatol s'est dit favorable à une "évaluation rigoureuse" de l'action du gouvernement et appelé à la formation d'un nouveau "gouvernement d'intérêt national", dans un communiqué publié lundi.

Son porte-parole Mohamed Bennour a précisé à l'AFP que "le climat politique se prêtait à la formation d'un cabinet ayant une base politique plus large capable de sortir le pays des difficultés".

Selon lui, des pourparlers sont en cours avec des formations politiques représentées à l'ANC, notamment le Parti Al-Joumhouri (Républicain, centriste) et une coalition de gauche autour d'Ettajdid (Renouveau, ex-communiste).

Ces discussions ont été lancées notamment après la démission de deux ministres: Hassine Dimassi (Finances, indépendant) et Mohamed Abbou, en charge des réformes de la Fonction publique et secrétaire général du Congrès pour la République (CPR), l'autre parti de gauche dans la coalition au pouvoir, selon la même source.

Les deux hommes avaient claqué la porte en critiquant l'action du gouvernement accusé par l'opposition et les ONG d'incompétance, de dérive autoritaire et d'échec sur le front économique et social.

L'opposition parlementaire a aussi appelé à un "gouvernement de salut national", alors que l'actuel cabinet est composé de membres du parti islamiste Ennahda pour près de la moitié de ses membres.

Plusieurs personnalités politiques se sont inquiétées de "l'impasse" dans laquelle se trouve, selon elles, le gouvernement et formulé des propositions de sortie de crise.

L'Assemblée constituante chargé de rédiger une nouvelle constitution post-révolution, en principe, avant le 23 octobre, a pris du retard faute d'un compromis sur la nature du régime.

Les islamistes d'Ennahda majoritaires réclament un système parlementaire pur, tandis que leurs alliés, Ettakatol et le CPR, militent pour un régime aménagé laissant d'importantes prérogatives au chef de l'Etat.

Bsh/kl/feb

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