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Tunisie: des associations boycottent un débat à la Constituante

17/09/2012 02:26 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Des associations tunisiennes ont boycotté un débat à l'Assemblée nationale constituante (ANC) sur la rédaction de la Constitution, ont-elles annoncé dans un communiqué publié par la Ligue de défense des droits de l'Homme.

Quelque 23 associations de défense des droits de l'Homme et organisations représentant les femmes, les chômeurs, les anciens prisonniers, les écrivains et journalistes ont refusé de répondre à l'appel de l'ANC pour un débat ouvert les 14 et 15 septembre.

Selon elles, l'ANC "a fixé de façon unilatérale la date et la durée d'un débat limité dans le temps ne permettant pas à la société civile d'exprimer toutes ses propositions et opinions" sur le projet de la loi fondamentale.

"Des propositions de la société civile ont été soumises à l'ANC depuis le démarrage de ses travaux mais elles n'ont trouvé aucun écho dans la première mouture du texte de la Constitution", ont-elles affirmé.

"Nous refusons une participation qui servirait à cautionner un projet de Constitution sans garantie de prise en compte des propositions formulées", affirme le collectif d'ONG, se disant attaché à "un dialogue dans le cadre d'un partenariat effectif pour la concrétisation de la transition démocratique, loin des calculs partisans".

L'ANC est très critiquée en raison de la lenteur des débats et de la rédaction de la Constitution qui doit s'achever en théorie le 23 octobre mais qui semble avoir pris des mois de retard.

La société civile avait aussi vivement critiqué l'opacité de certains débats et la rémunération élevée de certains élus de la constituante dans laquelle le parti islamiste Ennahda est majoritaire.

Ce parti dirige aussi le gouvernement de coalition qui comprend deux formations de centre-gauche, Ettakatol du président de l'ANC Mustapha Ben Jaafar et le Congrès pour la république (CPR) fondé par le président Moncef Marzouki.

Bsh/feb

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