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Syrie: nombre croissant d'"éléments étrangers", dont des islamistes, selon l'ONU

17/09/2012 04:07 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

GENEVA - GENEVE (Sipa) — Un nombre croissant "d'éléments étrangers" dont des jihadistes se trouvent actuellement en Syrie, a déclaré lundi à Genève la commission internationale indépendante d'enquête sur la Syrie, dans son rapport au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.

Certains rejoignent les rangs de l'insurrection contre le régime du président syrien Bachar el-Assad tandis que d'autres sont là pour leur propre compte, selon la commission.

Ces "éléments ont tendance à pousser les combattants anti-gouvernementaux vers des positions plus radicales", a expliqué le président de la commission, le diplomate brésilien Paulo Sergio Pinheiro. Il a qualifié ces "éléments étrangers" de "terroristes", un terme qui ne figure cependant pas dans le rapport.

La commission nommée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU réaffirme que les forces de Bachar el-Assad et leurs alliés des milices Chabiha ont commis des crimes de guerre et contre l'humanité sur des civils de tous âges, dont des assassinats, exécutions sommaires, tortures, arrestations arbitraires, violences sexuelles. Des membres de l'insurrection armée ont également perpétré des assassinats, exécutions extrajudiciaires et des tortures, selon la commission.

La situation en Syrie, a souligné Paulo Sergio Pinheiro "s'est dégradée à un tel point qu'il est difficile de la décrire justement en quelques mots". Exactions et violations des droits de l'homme "monstrueuses" se sont accrues, tant en "nombre, rythme qu'en ampleur", relève M. Pinheiro. Elles sont désormais si nombreuses que la commission n'est plus en mesure d'enquêter sur tous les cas.

"Les civils, dont de nombreux enfants", sont les premières victimes de cette "spirale de violence", selon M. Pinheiro. L'opposition syrienne estime qu'au moins 23.000 personnes ont été tuées depuis le début de l'insurrection, initialement pacifique, contre le régime alaouite, en mars 2011.

L'ambassadeur syrien à l'ONU Khabbaz Hamaoui a contesté les conclusions du rapport, qu'il juge partial et globalement inexact. Mais il semble être d'accord avec Paulo Sergio Pinheiro concernant la présence d'éléments extérieurs en Syrie. "De nombreuses parties internationales oeuvrent à aggraver la crise en Syrie", a-t-il expliqué.

La commission a demandé au Conseil des droits de l'Homme de transmettre le rapport au Conseil de sécurité de l'ONU, en vue de "prendre les mesures appropriées au regard de la gravité des violations des droits de l'homme, exactions, et crimes perpétrés par les forces gouvernementales, les chabiha et groupes anti-gouvernementaux".

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