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Sept policiers inculpés pour torture à Bahreïn (procureur)

17/09/2012 01:16 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Le procureur général de Bahreïn a inculpé sept policiers pour avoir torturé des médecins pendant les manifestations anti-gouvernementales du printemps 2011, a indiqué lundi un communiqué du gouvernement.

Deux des sept prévenus seront déférés devant la Haute cour criminelle pour avoir "torturé et menacé six médecins afin de leur extorquer des aveux", a indiqué le communiqué.

Les sept policiers sont des officiers gradés du ministère de l'Intérieur. Leur procès doit s'ouvrir le 1er octobre.

Poursuivis pour soutien au mouvement de contestation, 15 médecins et 5 membres du personnel médical de l'hôpital de Salmaniya à Manama ont affirmé avoir été torturés en détention.

Le 6 août, le chef des investigations au bureau du procureur, Nawaf Hamza, avait indiqué que l'enquête contre ces policiers avait été diligentée après une plainte des médecins.

Les plaignants ont dénoncé de mauvais traitements subis en détention. Ils ont été tous entendus par les enquêteurs et certains ont subi des examens médicaux pour déterminer la nature des sévices subis.

"Cette procédure confirme l'intention du gouvernement de Bahreïn de demander des comptes à tous ceux qui se sont rendus coupables de violations des droits de l'Homme et de dédommager les victimes", avait souligné M. Hamza.

Les autorités affirment vouloir mettre en application les recommandations d'une commission d'enquête indépendante qui avait conclu à un "usage excessif" de la force de la part de la police pendant les manifestations et demandé un meilleur respect des droits de l'Homme.

Une policière est déjà jugée pour avoir frappé la journaliste Naziha Saïd, de la chaîne France 24 alors qu'elle couvrait les manifestations. Les faits remontent au mois de mai 2011 lorsque la journaliste avait été convoquée par la police pour être interrogée sur ses liens avec la télévision Al-Manar, organe du Hezbollah chiite libanais.

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites et réclamant une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

Selon Amnesty International, 60 personnes ont été tuées depuis le début de ce mouvement.

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