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Rogers prédit une forte croissance des nouveaux services «machine à machine»

17/09/2012 04:14 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Le grand patron de Rogers Communications (TSX:RCI.B), Nadir Mohamed, prédit une forte croissance des services «machine à machine», comme ceux qui pourraient bientôt permettre à Hydro-Québec d'effectuer la lecture à distance de ses compteurs.

Dans un discours prononcé lundi devant le Cercle canadien de Montréal, M. Mohamed a estimé que le marché canadien des services «machine à machine» représenterait des revenus annuels de 400 millions $ en 2015.

À l'heure actuelle, Rogers dit enregistrer des ventes d'environ 50 millions $ par année dans ce créneau. Le géant torontois, dont les revenus ont dépassé la barre des 12 milliards $ l'an dernier, croit pouvoir devenir le leader sur ce marché.

Rogers a notamment décroché, il y a un peu plus d'un an, le contrat de connexion sans fil des futurs compteurs dits «intelligents» d'Hydro-Québec, coupant l'herbe sous les pieds de Bell Canada et Vidéotron.

Il convient toutefois de préciser que le projet de la société d'État n'a pas encore été approuvé par la Régie de l'énergie. Des groupes s'y opposent, voyant dans les compteurs un risque important pour la santé humaine en raison des ondes électromagnétiques dégagées par ces appareils. Hydro, pour sa part, nie tout danger significatif.

Le discours de M. Mohamed a dû en faire sourciller certains chez Hydro-Québec: le dirigeant de Rogers y a évoqué l'idée d'utiliser les prix du marché «pour établir le coût de l'électricité en fonction de la consommation en temps réel».

Or au Québec, le prix de l'électricité est réglementé, de sorte qu'il ne suit pas les aléas des marchés nord-américains. De plus, Hydro a récemment abandonné ses projets pilotes de «tarification différenciée dans le temps» en raison du peu d'intérêt qu'ils suscitaient chez la clientèle.

Rogers collabore par ailleurs avec la station de ski Mont Tremblant afin de développer un système qui permettrait aux moniteurs de ski de suivre leurs élèves à distance sur les pentes et d'obtenir des renseignements détaillés sur leurs descentes (vitesse, distance totale parcourue, etc.).

Rogers tente également de mettre sur pied avec l'assureur Industrielle Alliance (TSX:IAG) un système qui surveillerait le comportement des jeunes conducteurs sur la route et qui permettrait d'offrir des réductions de prime aux clients les plus prudents.

Portefeuille sans fil

Nadir Mohamed entrevoit d'autre part un grand avenir pour le «portefeuille sans fil», qui pourrait un jour remplacer les cartes de débit et de crédit en plastique.

En mai, Rogers et la Banque CIBC (TSX:CM) ont annoncé une entente qui devrait permettre aux clients des deux entreprises qui possèdent certains modèles de téléphones intelligents d'utiliser ceux-ci pour porter leurs achats à un compte de carte de crédit. Il s'agit d'une première en Amérique du Nord.

Selon M. Mohamed, tout est en place du point de vue de la technologie et des normes de sécurité pour que le portefeuille virtuel voie le jour. Il reste à voir si le public fera confiance à ce nouveau mode de paiement. Une chose est sûre, la transition ne se fera pas du jour au lendemain, a reconnu le dirigeant.

Québecor et Cogeco

Nadir Mohamed n'a pas voulu commenter l'impact de l'arrivée de Vidéotron, une filiale de Québecor (TSX:QBR.B), dans le marché québécois du sans fil, il y a maintenant un an.

«C'est une entreprise qui offre un service fantastique, alors nous tentons de les concurrencer», s'est-il borné à dire.

M. Mohamed a aussi refusé de se prononcer sur l'acquisition récente du câblodistributeur américain Atlantic Broadband par Cogeco Câble. Rogers détient environ le tiers des actions de Cogeco.

Évidemment, le dirigeant s'est rigoureusement abstenu de «spéculer» sur l'éventualité que Rogers présente un jour une offre d'achat pour Cogeco.

Enfin, Nadir Mohamed n'a pas exclu que Rogers tente d'acquérir certains actifs de langue anglaise d'Astral Media (TSX:ACM.A) si les autorités réglementaires devaient obliger Bell (TSX:BCE) à se départir de certains d'entre eux. Rappelons que Bell souhaite mettre la main sur Astral pour 2,8 milliards $.

L'action de Rogers a clôturé à 40,07 $ lundi, en baisse de 0,8 pour cent, à la Bourse de Toronto.

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