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Plus de 180 interpellations pour le 1er anniversaire d'Occupy à New York

17/09/2012 08:32 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Environ un millier de personnes ont célébré lundi à New York le premier anniversaire du mouvement Occupy Wall Street, lors de manifestations marquées par des face-à-face tendus avec la police qui a interpellé plus de 180 manifestants.

"Nous sommes là pour faire entendre notre voix, pour protester contre l'avidité de Wall Street", a déclaré Bill Dobbs, un des porte-parole d'Occupy à l'AFP, faisant valoir que les problèmes n'avaient pas changé depuis un an.

Au plus fort du mouvement --le 17 novembre 2011-- Occupy avait, avec l'appui des syndicats, rassemblé quelque 30.000 personnes à New York, avant de quasiment disparaître après son expulsion du square Zuccotti. Mais son slogan, "Nous sommes les 99%" est depuis entré dans la mémoire collective.

Les premiers manifestants s'étaient réunis lundi dès 07H00 du matin (11H00 GMT) près du parc Zuccotti, dans le quartier de Wall Street, là où ils avaient installé le 17 septembre 2011 leurs premiers sacs de couchage. Comme l'an dernier, ils ont dénoncé l'avidité des plus riches, les inégalités, ou encore le poids de la dette étudiante et les expulsions de ceux qui ne peuvent plus payer leurs prêts immobiliers.

En plusieurs groupes très mobiles, ils ont essayé sans succès à plusieurs reprises de s'approcher de la Bourse de New York.

La police, présente en force, les en a empêchés. Elle avait procédé vers 20H30 (00H30 GMT mardi) à 181 interpellations, selon une porte-parole.

Toutes les ruelles menant à Wall Street étaient fermées par des policiers à cheval.

"Banquiers, honte à vous", "Enlevez l'argent de la politique", ou encore "Les banquiers en prison", "Rien n'a changé", pouvait-on lire sur des pancartes, en plus du désormais traditionnel "Nous sommes les 99%".

 

"Dénoncer l'avidité de Wall Street"

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"Nous perturbons le quartier, et nous envoyons le message que les banquiers de Wall Street ne peuvent pas aller travailler le matin sans réfléchir à ce que font leurs institutions au pays", a également déclaré à l'AFP un autre porte-parole d'Occupy, Mark Bray.

Dans l'après-midi, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés à Zucotti Park, visiblement heureux de renouer avec leurs slogans et leur communication par répétition. Certains, comme Robert Cammiso, 49 ans, insistaient sur le fait qu'Occupy a inscrit dans le débat national des thèmes qui n'étaient auparavant pas évoqués.

Parmi les personnes arrêtées figurait George Packard, un évêque épiscopalien retraité, portant une longue robe violette. "Je suis là pour dénoncer l'avidité de Wall Street", a-t-il déclaré à l'AFP avant d'être menotté et embarqué: "Ils contrôlent nos vies".

David Ross, un étudiant en flûte baroque de 28 ans, avait choisi de venir en costume cravate. "Nous sommes là pour faire peur aux banquiers", a-t-il expliqué, et "pour rappeler aux gens que nous sommes toujours des milliers prêts à nous mobiliser".

Le mouvement Occupy, né à New York il y a un an, avec des idées similaires à celles des indignés madrilènes, avait ensuite essaimé dans des dizaines de villes américaines.

Le camp new-yorkais, où dormaient quelques centaines de personnes, s'était transformé au fil des semaines en mini-village, avec infirmerie, bibliothèque, cuisine, distribution de vêtements... Il avait été démantelé en pleine nuit par la police le 15 novembre 2011.

Privé de son centre névralgique, et rapidement affaibli par des dissensions internes, le mouvement a ensuite perdu son influence, faute de cap précis. Il n'a pas pu, ou pas voulu, s'inscrire dans le débat politique en pleine année électorale.

Mais selon Bill Dobbs, il est toujours vivant, même s'il est moins visible.

"Venez aux réunions, et vous verrez battre son pouls", a-t-il affirmé, expliquant qu'il fallait "du temps pour changer les choses".

bd/mdm

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