NOUVELLES

Perpétuité pour deux salafistes meurtriers d'un militant italien à Gaza

17/09/2012 10:07 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Deux Palestiniens d'un groupe salafiste ont été condamnés lundi à Gaza à la réclusion à perpétuité pour l'enlèvement et le meurtre du militant pacifiste italien Vittorio Arrigoni.

Un tribunal militaire du territoire gouverné par le Hamas a condamné aux travaux forcés à perpétuité Mahmoud al-Salfiti, 24 ans et Tamer al-Hassasna, 26 ans, reconnus coupables d'enlèvement et de meurtre.

Deux autres Palestiniens, Khader Jiram et Amer Abou Houla, âgés de 26 ans, ont été condamnés respectivement à 10 ans de travaux forcés pour enlèvement, et à un an de prison pour avoir fourni la maison dans laquelle Arrigoni a été retrouvé pendu.

Les trois premiers, tous membres des forces de police, ont en outre été cassés de leurs fonctions, selon la décision du tribunal.

Le Centre palestinien pour les droits de l'Homme (PCHR) de Gaza, qui représente la famille de la victime, a salué ce verdict.

"Je voudrais féliciter la famille de notre ami Vittorio Arrigoni qui a tant souffert et attendu l'issue de ce procès", a déclaré un responsable du Centre, Khalil Chahine.

"La famille a appelé à ce que la peine de mort ne soit pas prononcée contre les prévenus s'ils étaient condamnés", a souligné le PCHR dans un communiqué.

"Le PCHR, comme la famille Arrigoni, est satisfait par les verdicts de la Cour, qui peuvent être considérés, compte tenu des circonstances de l'affaire, comme justes et légitimes, et estime que les meurtriers d'Arrigoni ont dûment été jugés", selon le texte.

Vittorio Arrigoni, 36 ans, militant de l'association pro-palestinienne International Solidarity Mouvement (ISM), avait été retrouvé pendu le 15 avril 2011 dans une maison de Gaza, quelques heures après avoir été pris en otage par un groupe de salafistes jihadistes.

Ces derniers réclamaient la libération de leurs camarades détenus par le Hamas, en particulier le chef du groupe radical Tawhid wal-Jihad, le Jordanien Hicham al-Saedini, connu sous le nom d'Abou al-Walid al-Maqdissi, relâché en août 2012 après une médiation jordanienne puis rentré dans son pays.

Deux des ravisseurs et meurtriers présumés avaient été tués le 20 avril 2011 dans un assaut des forces du Hamas contre une maison du camp de réfugiés de Nousseïrat, dans le centre du territoire palestinien, où ils s'étaient retranchés. Mahmoud Salfiti avait été pris vivant dans l'assaut.

Le meurtre de Vittorio Arrigoni, qui avait ému et choqué les milieux humanitaires, est le premier d'un étranger à Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en juin 2007.

Il est le troisième militant d'ISM tué à Gaza, après Rachel Corrie et Tom Hurndall, tués en 2003 par les forces israéliennes.

Les groupes salafistes de Gaza, forts de plusieurs centaines de membres, selon leurs dirigeants, défient l'autorité du Hamas, issu des Frères musulmans, accusé de faiblesse face à Israël et dans l'imposition de la loi islamique.

Des groupes salafistes de Gaza ont dénoncé une nouvelle série d'interpellations dans leur mouvance à la suite de l'attaque du 5 août dans le Sinaï à la frontière égypto-israélienne qui a coûté la vie à 16 gardes-frontière égyptiens.

"Les investigations menées par le gouvernement et les contacts continus avec les dirigeants égyptiens montrent qu'il n'existe aucune relation entre la bande de Gaza et l'attaque sanglante" du 5 août, a déclaré lundi le porte-parole du ministère de l'Intérieur du Hamas, Ihab al-Ghoussein, dans un communiqué.

Un temps compagnons de route du Hamas, ils s'en sont progressivement éloignés après sa victoire aux élections législatives de 2006 et sa prise de contrôle de Gaza.

sa-sst/agr/hj/

PLUS:afp