NOUVELLES

Marikana: Zuma veut une solution sans tarder, craint une récession

17/09/2012 10:18 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Le président sud-africain Jacob Zuma a appelé lundi employeurs et salariés en grève du bassin minier de Rustenburg près de Marikana à s'entendre "sans tarder" compte tenu de l'impact du conflit sur l'économie nationale.

"Nous pressons les salariés et leurs employeurs de trouver une solution sans tarder davantage compte tenu de l'impact (du conflit, ndlr) sur l'économie", a déclaré M. Zuma, à l'ouverture du congrès du Cosatu, la grande confédération des syndicats sud-africains.

"Nous ne pouvons pas nous permettre une récession", a-t-il ajouté, avant d'énumérer les pertes de recettes fiscales ou de production liées à des faits de grève depuis le début de l'année.

"Le montant de la production perdue en raison de grèves depuis neuf mois dans les mines d'or et de platine approche des 4,5 milliards de rands" (420 millions d'euros), a-t-il ajouté. Cela équivaut à environ, soit 2% du chiffre d'affaires du secteur minier.

"L'impact va au-delà du secteur minier, l'industrie, en particulier la métallurgie, commence à tirer la langue", a-t-il dit.

Vêtu d'un polo rouge, la couleur du Cosatu allié de l'ANC au pouvoir, le président a aussi longuement appelé les délégués du congrès à resserrer les rangs, célébrant "une alliance toujours plus forte face aux difficultés" et le rôle des syndicats, concluant son discours par un chant de lutte.

"Le syndicalisme est le seul bouclier des travailleurs pour les protéger et les défendre", a-t-il dit, soulignant que les travailleurs non-syndiqués finissaient toujours par être "victimes".

La grève de Marikana a démarré le 10 août à l'initiative de 3.000 foreurs de cette mine de platine, en conflit avec leurs délégués de la puissante fédération minière du NUM, pilier du Cosatu. La plupart d'entre eux ne sont pas syndiqués. Ils ont reçu le soutien d'un syndicat minoritaire.

M. Zuma a aussi justifié le recours à la force publique pour ramener le calme dans le bassin minier de Rustenburg où se trouve Marikana.

"Les travailleurs doivent utiliser les lois de ce pays", "il n'y a pas besoin de recourir à la violence", a-t-il dit.

"Nous appelons certains partis et dirigeants politiques à s'abstenir de tenir des propos irresponsables comparant la campagne pour appliquer la loi à Marikana avec les mesures de l'époque de l'apartheid", a-t-il dit. "C'est vraiment une tactique de bas étage car ils n'ont rien à offrir".

clr/cpb/sba

PLUS:afp