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Les manifestations contre le film islamophobe se poursuivent dans plusieurs pays

17/09/2012 01:19 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST
AP
Egyptian protesters gather around a burning vehicle in downtown Cairo, Egypt, early Saturday, Sept. 15, 2012, before police cleared the area after days of protests against a film ridiculing the Prophet Muhammad. Egyptian police on Saturday cleared out protesters who have been clashing with security forces for the past four days near the U.S. Embassy as most cities around the Muslim world reported calm a day after at least six people were killed in a wave of angry protests over an anti-Islam film.(AP Photo)

KABOUL - Le mouvement de protestation contre le film islamophobe réalisé aux États-Unis s'est poursuivi lundi dans plusieurs pays musulmans. Un manifestant a notamment été tué dans des accrochages avec la police au Pakistan.

Des affrontements ont opposé la police aux manifestants à Wari, dans le nord-ouest du Pakistan, où des centaines de personnes ont incendié une organisation de presse et un bâtiment de l'administration.

Des accrochages se sont également produits pour le deuxième jour consécutif à Karachi, dans le sud du Pakistan, où 40 sympathisants présumés du parti Jamaat-e-Islami ont été arrêtés. Une marche d'environ 3000 étudiants et enseignants s'est en revanche déroulée sans incident à Chaman, dans le sud-ouest du pays.

En Afghanistan, quelque 800 personnes ont brûlé des voitures et jeté des pierres contre une base militaire américaine à Kaboul, aux cris de «Mort à l'Amérique» et «Mort à ceux qui ont fait un film qui insulte notre prophète». La police a tiré en l'air pour empêcher la foule de marcher vers les bâtiments du gouvernement, dans le centre-ville. Une vingtaine de policiers ont été légèrement blessés.

Au Liban, le cheikh Hassan Nasrallah a fait une rare apparition en public devant des dizaines de milliers de sympathisants du Hezbollah rassemblés dans le sud de Beyrouth. Il a déclaré tenir les États-Unis responsables du film «Innocence of Muslims», car ce brûlot qui ridiculise Mahomet, le prophète de l'islam, a été réalisé sur le territoire américain.

«C'est le début d'un mouvement sérieux qui doit continuer dans tout le monde musulman pour défendre le prophète de Dieu», a lancé le cheikh Nasrallah sous les acclamations de la foule. «Tant que le sang coule en nous, nous ne resterons pas silencieux face aux insultes contre notre prophète.»

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé les dirigeants occidentaux à prouver qu'ils ne sont «pas complices d'un grand crime» en bloquant la diffusion du film sur Internet, comme ils le font parfois pour des sites Web faisant l'apologie du nazisme, par exemple.

Le dirigeant d'un groupuscule jihadiste égyptien considéré comme proche d'Al-Qaïda, Ahmed Ashoush, a publié un décret religieux appelant au meurtre de tous ceux qui ont participé au film, notamment le réalisateur, le producteur et les acteurs. Les acteurs ont affirmé la semaine dernière qu'ils avaient été trompés sur la finalité de l'oeuvre, grossièrement doublée à la post-production pour introduire des références à Mahomet.

En Indonésie, le pays musulman le plus peuplé du monde, des affrontements ont opposé des policiers à plusieurs centaines de personnes qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov devant l'ambassade des États-Unis à Jakarta, à l'appel de deux organisations islamistes. Onze policiers ont été hospitalisés, selon le chef de la police de la capitale. Quatre manifestants ont été arrêtés et au moins un a été hospitalisé.

Les manifestants ont brûlé un drapeau américain et une photo du président Barack Obama, qui a passé une partie de son enfance en Indonésie. Des manifestations se sont également déroulées dans les villes indonésiennes de Medan et Bandung. Le film a été déclaré illégal par le gouvernement indonésien.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a évoqué la possibilité d'interdire la projection en public d'«Innocence of Muslims». Le pasteur américain Terry Jones, qui a soulevé l'indignation en voulant brûler des exemplaires du Coran pour l'anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, s'est vu refuser l'entrée dans ce pays le week-end dernier pour une projection du film organisée par le mouvement d'extrême droite Pro Deutschland. Le ministère de l'Intérieur a fait savoir que la mesure valait aussi pour le réalisateur du film, Nakoula Basseley Nakoula.

Le film pourrait être déclaré illégal en Russie, à la demande du bureau du procureur général, qui le juge «extrémiste et offensant» pour les croyants et a demandé aux principaux fournisseurs d'accès à Internet d'empêcher sa diffusion sur le Web. Le Kremlin craint que le film ne cause des troubles dans le pays, surtout dans les provinces à majorité musulmane.

En Californie, la famille du réalisateur du film a quitté sa maison de Cerritos dans la nuit de dimanche à lundi pour être réunie avec l'intéressé dans un lieu tenu secret, selon un porte-parole du bureau du shérif du comté de Los Angles. Nakoula Basseley Nakoula, en liberté conditionnelle après avoir été reconnu coupable d'escroquerie en 2010, avait été interrogé par la police samedi.

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