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Les rebelles veulent renverser le régime syrien par la force

17/09/2012 08:59 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Les rebelles en Syrie se sont dits déterminés à renverser le régime par la force, mettant en doute le succès de la mission du médiateur Lakhdar Brahimi, Paris parlant de "crimes sans précédent" commis par Damas dans ce conflit.

Au terme d'une mission de quatre jours à Damas qu'il a qualifiée d'"extrêmement difficile", le médiateur international Lakhdar Brahimi s'apprêtait lundi à rendre compte auprès de la Ligue arabe de ses entretiens avec le président Bachar al-Assad et avec des chefs de la rébellion.

Il devrait également participer au Caire à la première réunion du "groupe de contact" quadripartite sur la Syrie (Iran, Egypte, Turquie et Arabie saoudite), selon un diplomate arabe.

Si M. Brahimi avait lui-même prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à des "miracles", les insurgés ont d'ores et déjà estimé que sa mission était vouée à l'échec en raison de la poursuite des violences et du blocage au Conseil de sécurité de l'ONU.

Face aux "violations flagrantes" dans ce conflit qui a fauché la vie à 27.000 personnes en 18 mois, le président de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, Paulo Pinheiro, a recommandé au Conseil de sécurité de prendre les "mesures appropriées" alors que les abus progressent en "nombre, rythme et intensité".

Dans un rapport, M. Pinheiro a soulevé "la gravité des violations, abus et crimes perpétrés" par les forces gouvernementales et les milices pro-régime, ainsi que par "des groupes antigouvernementaux".

Selon Paris, ce rapport est "accablant" pour le régime et "rassemble suffisamment d'éléments pour établir que des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre ont été commis à grande échelle par le régime syrien ou par ses milices".

Selon les experts de l'ONU, une liste confidentielle de responsables a été dressée, première étape vers d'éventuelles poursuites internationales.

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale (CPI) des crimes commis par le régime comme par l'opposition.

Sur le terrain, la spirale de violence ne connaît pas de répit, faisant au moins 23 morts selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Dimanche, les violences avaient fait 148 morts, dont 101 civils.

A Alep (nord), des combats ont eu lieu autour de bâtiments des renseignements de l'armée de l'air et d'un centre de recherches, et les affrontements ont repris dans na nuit dans le quartier stratégique de Midane, dont l'armée a annoncé la reprise mais où des rebelles se sont à nouveau infiltrés, selon l'OSDH et des habitants.

"On ne compte plus les enterrements, mais les gens d'Alep n'ont plus de quoi payer des funérailles", a affirmé Abou Abdo, tailleur de pierres tombales qui a perdu sa femme et ses quatre enfants dans un bombardement.

En dépit des violences, les médias officiels ont annoncé la rentrée dimanche de "plus de 5 millions d'élèves", mais selon l'Unicef, plus de 2.000 établissements scolaires ont été détruits ou endommagés durant le conflit et des centaines sont utilisés pour héberger des déplacés.

Dimanche, un dirigeant rebelle a affirmé à l'AFP que la mission du médiateur Lakhdar Brahimi était vouée à l'échec et qu'un régime qui "dirige le pays par la force (... ne pouvait) être renversé que par la force", écartant ainsi toute possibilité de dialogue avec Damas.

Les insurgés affirment avoir pris les armes pour défendre la population civile contre la répression sanglante de la révolte au départ pacifique contre Bachar al-Assad, qui ne reconnaît pas la contestation.

La communauté internationale est paralysée par ses divisions, la Russie et la Chine bloquant toute résolution condamnant la régime, et les pays occidentaux, certains pays arabes et la Turquie réclament le départ du président syrien.

Le chef d'état-major américain, le général Martin Dempsey, a évoqué lundi la crise syrienne avec les responsables militaires turcs à Ankara alors que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait critiqué l'inaction de Washington au sujet de ce conflit aux portes de la Turquie.

L'Iran, autre allié de Damas, a reconnu publiquement pour la première fois la présence en Syrie et au Liban voisin de membres des Gardiens de la révolution, garde prétorienne du régime de Téhéran, assurant qu'il s'agissait de "conseillers" et non d'une présence militaire.

Chose inédite, Beyrouth a réclamé lundi officiellement des explications de l'Iran après cette annonce. Téhéran est le parrain du puissant parti chiite Hezbollah, mouvement lui-même créé par les Pasdaran en 1982 et désormais un membre influent du gouvernement libanais.

bur-ram/fc

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