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Le chef du Hezbollah fait une apparition lors d'une manifestation à Beyrouth

17/09/2012 11:46 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

BEYROUTH - Le chef du Hezbollah libanais a fait une rare apparition publique lundi à Beyrouth lors d'un rassemblement contre le film amateur «Innocence of Muslims» qui ridiculise le prophète Mahomet, où il a appelé à la poursuite des manifestations.

Le chef du mouvement chiite libanais, le cheikh Hassan Nasrallah, avait appelé à la manifestation de lundi, expliquant que les États-Unis devaient être tenus responsables de ce film produit sur le territoire américain.

Hassan Nasrallah s'est rarement montré en public depuis la guerre éclair de 2006 entre le Hezbollah et Israël, craignant une tentative d'assassinat. Il a pris l'habitude de communiquer avec ses partisans et de donner des conférences de presse par liaison satellite.

Lundi, il s'est adressé pendant un quart d'heure à la foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes réunie à Beyrouth. Plusieurs manifestants portaient des bandeaux vert et jaune aux couleurs du Hezbollah.

«C'est le début d'un mouvement sérieux qui doit continuer dans tout le monde musulman pour défendre le prophète de Dieu», a lancé Hassan Nasrallah sous les acclamations de la foule. «Tant que le sang coule en nous, nous ne resterons pas silencieux face aux insultes contre notre prophète.»

Le cheikh Nasrallah était apparu pour la dernière fois en public en décembre 2011, pour la fête chiite de l'Achoura, mais il n'avait prononcé que quelques mots.

Il a appelé à une série de manifestations cette semaine pour dénoncer le film «Innocence of Muslims».

Le Hezbollah semble vouloir garder le sujet sur le devant de la scène en attirant d'importantes foules de manifestants. Mais le mouvement semble aussi vouloir veiller à ce que les protestations ne sombrent pas dans la violence.

Ainsi, la manifestation de lundi s'est déroulée dans le fief du Hezbollah dans le sud de Beyrouth, loin de l'ambassade américaine située dans le nord de la capitale.

Selon un rapport du département d'État américain que l'Associated Press a pu consulter lundi, l'ambassade à Beyrouth a «réévalué ses procédures d'urgence et entamé la destructions d'avoirs classifiés» par mesure de précaution. Le document précise que les employés libanais de l'ambassade ont pu rentrer chez eux plus tôt en raison de l'appel aux manifestations du Hezbollah.

Un responsable du département d'État à Washington a toutefois précisé que l'ambassade, un complexe lourdement fortifié, ne faisait l'objet d'aucune menace imminente.

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