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La grâce d'un condamné à mort de Pennsylvanie rejetée malgré la mobilisation

17/09/2012 07:11 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Le comité des grâces de Pennsylvanie (est) a refusé lundi d'accorder sa clémence à Terry Williams, un condamné à mort victime d'abus sexuels dans son enfance, qui doit être exécuté le 3 octobre pour le meurtre de deux de ses agresseurs.

Le comité des grâces a pris cette décision en dépit des protestations de l'Union européenne et de plus de 150 ex-procureurs, juges, professeurs de droit, spécialistes de l'enfance et d'anciens jurés au procès.

Terry Williams, 46 ans dont 24 dans le couloir de la mort, a été condamné à mort pour un meurtre commis trois mois et demi après sa majorité, alors que la peine capitale ne s'applique pas aux mineurs aux Etats-Unis.

Il a tué, en 1986, un homme soupçonné d'avoir participé aux abus sexuels subis pendant son enfance. Un an plus tôt, à l'âge de 17 ans, il avait tué un autre de ses agresseurs présumés. Ses défenseurs affirment que le jury au procès ne savait pas que ces morts étaient directement liées à l'histoire d'abus sexuels du condamné.

Son avocat Shawn Nolan s'est dit "profondément déçu que le comité des grâces ait rejeté la demande de clémence de Terry. C'est particulièrement bouleversant car une majorité du comité, y compris le ministre de la Justice de Pennsylvanie, a recommandé par 3 voix contre 2 d'épargner la vie de Terry".

L'unanimité est requise en Pennsylvanie pour que le gouverneur puisse envisager d'accorder sa grâce, a précisé l'avocat dans un communiqué.

Une audience est prévue jeudi devant un tribunal de Pennsylvanie pour examiner de nouveaux éléments concernant le meurtre de Amos Norwood, en 1984, dont "les procureurs ont caché le réel motif aux jurés", a ajouté Me Nolan.

"La vraie raison n'était pas un cambriolage, comme cela a été dit au procès, mais la réaction de M. Williams à des années d'agressions commises par M. Norwood et le viol violent la nuit qui a précédé le meurtre", a-t-il expliqué.

Plusieurs jurés ont indiqué que s'ils avaient connu l'histoire de l'accusé, ils l'auraient condamné à la prison à vie. En outre, la veuve de M. Norwood a dit qu'elle ne voulait pas le voir exécuté.

Son exécution romprait le moratoire en place de facto en Pennsylvanie, où la dernière exécution remonte au 6 juillet 1999, selon l'UE.

chv/mdm

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