NOUVELLES

Film anti-islam: des milliers de partisans du Hezbollah libanais dans la rue

17/09/2012 10:57 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées lundi après-midi dans la banlieue sud de Beyrouth à l'appel du Hezbollah, pour dénoncer un film islamophobe qui a déjà provoqué des manifestations de colère parfois meurtrières à travers le monde musulman.

"Amérique, grand Satan, Israël, ennemi des musulmans", ont scandé les milliers d'hommes, femmes et enfants dans les rues de Rweiss, un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du puissant parti armé et bête noire de l'Etat hébreu.

Dimanche, le chef de cette formation islamiste chiite, Hassan Nasrallah, avait appelé ses partisans à "montrer au monde entier leur colère" cette semaine contre la diffusion d'un film amateur, "Innocence of Muslims" (L'innocence des musulmans), dénigrant l'islam et les musulmans, réalisé aux Etats-Unis.

"Amérique, attention, ne touche pas à notre religion !", ont encore crié les manifestants, dont beaucoup portaient les drapeaux jaunes du Hezbollah ainsi que ceux du mouvement Amal, autre formation chiite libanaise.

"Je n'ai pas vu le film mais j'ai appris qu'il représentait le Prophète (Mahomet) comme un personnage sanguinaire qui ne pense qu'à ses instincts", affirme Nabih Ayyach, 29 ans.

Le film a provoqué des réactions violentes à travers le monde musulman. Lundi, le ministre libanais de l'Intérieur s'est voulu rassurant en affirmant que "les manifestations (au Liban) seront limitées dans le temps et l'espace".

Vendredi, un manifestant a été tué et 25 autres ont été blessés dans des heurts à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, entre les forces de sécurité et des islamistes sunnites qui avaient incendié un fast-food américain pour protester contre le film.

Hassan Nasrallah a décrit ce film comme la "pire attaque contre l'islam, pire encore que les +Versets sataniques+ (un roman de Salman Rushdie publié en 1988 qui lui a valu une fatwa le condamnant à mort), que le fait de brûler des exemplaires du Coran en Afghanistan ou que les caricatures du prophète Mahomet" publiées par un journal au Danemark en 2005.

Dix-huit personnes sont mortes au total dans le monde dans les violences liées au film, dont l'ambassadeur américain et trois autres membres du corps diplomatique américain en Libye.

kam/ram/feb

PLUS:afp