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Darche: «On sait quand ça commence, mais jamais quand ça peut se terminer...»

17/09/2012 02:25 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

BROSSARD, Qc - En attendant l'appel de Donald Fehr lui demandant de revenir le seconder à la table des négociations, Mathieu Darche garde la forme en patinant en compagnie d'anciens coéquipiers du Canadien, à Brossard.

Au jour 2 du lock-out dans la LNH, lundi matin, Darche s'est pointé au Complexe sportif Bell, sac d'équipement aux couleurs du CH sur le dos, avec Steve Bégin, qui vit d'espoir comme lui de se dénicher une équipe à la reprise éventuelle des activités.

Les deux vétérans ont rejoint dans un vestiaire de fortune la dizaine de joueurs du Tricolore, qui n'ont plus accès aux luxuriants quartiers de l'équipe, sur la Rive-Sud.

Du nombre, il y avait le capitaine Brian Gionta, le défenseur Josh Gorges et le gardien Carey Price.

Les Yannick Weber, Francis Bouillon, Ryan White, Colby Armstrong et Louis Leblanc étaient aussi sur place. Le jeune Brendan Gallagher, qui avait créé une impression très favorable au camp du CH il y a un an, accompagnait le groupe, auquel s'étaient greffés quelques joueurs des Redmen de McGill.

«Je n'ai pas essayé d'entrer par le stationnement souterrain, avec ma carte magnétique», a lancé en riant White, qui est plutôt entré comme tout le monde par la porte principale du complexe.

C'est la routine à laquelle plusieurs d'entre eux pourraient être confinés pendant un bout de temps, si le conflit perdure.

Deux jours, deux mois

Darche a dit espérer la reprise des négociations au plus tôt, mais il ne semble pas croire au miracle.

«On sait quand un lock-out commence, mais jamais quand il peut se terminer, a-t-il affirmé. On espère tous qu'il soit de courte durée et que nous ayons une saison de 82 matchs. Mais il faut être deux pour danser et, pour l'instant, nous dansons seuls.»

Membre de la garde rapprochée du directeur exécutif de l'Association des joueurs, Darche a confié que Fehr lui a mentionné qu'il est impossible de prédire à quel moment les négociations peuvent reprendre.

«Il m'a répondu quand je lui ai posé la question à New York, la semaine dernière, que ça pouvait être dans deux jours, deux semaines ou deux mois.»

Chez les joueurs, on dit se croiser les doigts, tout en ajoutant qu'on se montre solidaire de la position du syndicat. Pas question de céder quoi que ce soit d'autre sur le plan salarial.

«Il y a une limite aux concessions que nous pouvons faire, a martelé Darche. Les joueurs ont énormément cédé en 2005. Les propriétaires disaient que c'était pour les aider à diminuer le prix des billets, et le prix des billets a augmenté de 40 pour cent en sept ans. Pourquoi accepterions-nous de faire d'autres concessions si on sait qu'ils ne diminueront pas le prix des billets?

«Lors des prochaines négociations, dans cinq ans, on va nous demander quoi encore? a-t-il continué. À un moment donné, il faut dire 'assez c'est assez', nous avons fait notre part.»

Hypocrisie patronale

Darche n'a pas été tendre à l'endroit des propriétaires qu'il a accusés «d'hypocrisie» en raison de la distorsion entre le discours qu'il tienne et leurs actions.

«C'est renversant de les voir aller. D'un côté, ils disent que la convention collective ne fonctionne plus et, de l'autre, ils se dépêchent d'accorder quelque chose comme 200 millions $ en contrats dans les deux dernières journées avant qu'elle se termine.

«C'est comme s'ils se disaient 'nous allons profiter du système en place, parce que le prochain ne sera peut-être pas aussi avantageux', a-t-il relevé. Ils sont durs à suivre, il y a de l'hypocrisie là-dedans, et la question est légitime: perdent-ils réellement de l'argent? Ou peut-être présument-ils qu'il y aura effectivement une diminution de salaire dans le prochain contrat.»

Le Montréalais diplômé en administration de McGill a rappelé que la LNH a vu ses revenus augmenter de plus d'un milliard $ US depuis 2005, passant à 3,3 milliards.

«Les gens doivent réaliser que nous n'exigeons pas plus d'argent. Nous voulons simplement conserver nos acquis. On veut nous imposer une diminution de salaire de 20 pour cent. Qui accepterait une baisse semblable de son employeur?»

Cela dit, il admet que les joueurs-millionnaires ne sont pas à plaindre.

«Nous nous tirons bien d'affaire, là n'est pas la question, a-t-il reconnu. C'est plutôt une question de principe. Personne n'a forcé les propriétaires à accorder les contrats que les joueurs ont obtenus. Quand c'est signé, pourquoi faudrait-il retourner en arrière?»

Interrogé au sujet de la loi du silence que les propriétaires sont contraints de respecter, Darche a répondu qu'on leur impose le baillon parce qu'ils pensent tous différemment.

«Je ne veux pas lui mettre de mots dans la bouche, mais je suis sûr que M. Molson (Geoff, propriétaire du Canadien) souhaiterait qu'il y ait du hockey, a-t-il opiné. Je suis sûr également que les Maple Leafs de Toronto préféreraient qu'il n'y ait pas de lock-out.»

Darche sait que son implication dans le conflit pourrait lui couper des ponts dans la LNH, voire provoquer la fin de sa carrière. À l'âge de 36 ans, ce joueur de soutien mentionne qu'il n'a rien à gagner dans ces négociations.

«Je me ferme peut-être plusieurs portes, a-t-il résumé. Peu importe, je ne m'implique pas pour moi, je le fais pour la cause et pour acquérir de l'expérience. Je m'étais impliqué lors des dernières négociations de la convention dans la Ligue américaine, et j'avais adoré.»

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