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Birmanie: des prisonniers politiques amnistiés (militants)

17/09/2012 10:33 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Au moins 15 prisonniers politiques ont été libérés en Birmanie lundi, ont indiqué des militants à l'AFP, juste après l'annonce par la télévision d'Etat d'une amnistie de plus de 500 prisonniers.

Le président Thein Sein "a accordé une amnistie générale à un total de 514 prisonniers", a indiqué la télévision lundi en fin de journée, sans évoquer de prisonniers politiques mais en indiquant que des "étrangers" seraient concernés.

Génération 88, organisation qui milite pour la démocratie dans le pays, a précisé qu'au moins 15 détenus politiques avaient déjà retrouvé la liberté à travers le pays, dont plusieurs issus de la tristement célèbre prison d'Insein à Rangoun.

Selon l'un d'entre eux, lui et sept autres prisonniers politiques ont quitté Insein dès lundi.

"En tout dix prisonniers: huit prisonniers politiques, un Indien et un Chinois ont été libérés de la prison d'Insein ce soir vers 17H30", a déclaré à l'AFP Nay Win, 50 ans, membre de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi.

"Nos vies sont détruites même si nous sommes toujours vivants", a-t-il ajouté, précisant que six autres membres de la LND avaient été libérés en même temps que lui.

"Je remercie mère Suu pour notre libération. Je ne veux pas remercier" le gouvernement, a-t-il encore indiqué, expliquant avoir été condamné à huit ans de prison en 2008 pour avoir évoqué la corruption de juges.

Selon la télévision, la mesure d'amnistie a été prise pour servir "la stabilité de l'Etat et la paix éternelle" et pour servir "l'amitié (...) avec les pays voisins", laissant entendre que des Chinois pourraient être libérés alors que Thein Sein est attendu à Pékin où il doit séjourner jusqu'à samedi.

Le chef de l'Etat est ensuite attendu à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies.

La junte au pouvoir depuis un demi-siècle en Birmanie a cédé le pouvoir en mars 2011 à d'anciens généraux qui ont depuis multiplié les réformes, et acquis un crédit auprès de l'Occident.

Ils ont notamment libéré des centaines de prisonniers politiques mais un nombre encore important d'entre eux - environ 300 selon certaines organisations - restent aujourd'hui derrière les barreaux.

hla-abd/jeb

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