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Attaque de Benghazi: Washington refuse de parler "d'acte terroriste"

17/09/2012 04:49 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Le département d'Etat américain s'est refusé lundi à qualifier "d'acte terroriste" l'attaque du 11 septembre menée contre son consulat à Benghazi et au cours de laquelle son ambassadeur en Libye et trois autres Américains avaient perdu la vie.

"Je ne vais pas mettre d'étiquettes là-dessus avant que nous ne disposions d'une enquête complète", a répondu la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, qui était interrogée sur la définition qu'elle donnerait de l'attaque armée de mardi à Benghazi.

"Je ne pense pas que nous en sachions assez", a-t-elle dit, renvoyant aux propos tenus dimanche par l'ambassadrice à l'ONU, Susan Rice.

Celle-ci avait annoncé sur les télévisions américaines que l'attaque de Benghazi, le jour du 11e anniversaire du 11-Septembre, n'était pas forcément "coordonnée" et "préméditée" et résultait plus probablement d'un rassemblement "spontané" et "devenant extrêmement violent" qui se déroulait devant le consulat contre un film islamophobe.

Mme Rice avait toutefois précisé qu'elle s'exprimait "sur la base des informations" disponibles à "l'heure actuelle" et qu'il fallait "attendre les "confirmations définitives de l'enquête" du FBI.

Jusqu'ici, Washington est resté extrêmement prudent sur cette enquête, la Maison Blanche indiquant vendredi "n'avoir aucune information laissant penser à une attaque planifiée".

Reste qu'au lendemain de l'attaque, un responsable officiel avait dit privilégier l'hypothèse d'une opération coordonnée, les assaillants s'étant servis de la manifestation de Benghazi comme d'un "prétexte". Des responsables du département d'Etat avaient parlé d'une "attaque complexe" menée par des "extrémistes libyens".

"Nous allons maintenant avoir une enquête complète et serons donc plus à même d'apposer des étiquettes sur ce qui s'est passé", a ajouté Mme Nuland.

La position de Washington prend le contre-pied des Libyens, qui, dès le début, ont montré du doigt des partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et d'Al-Qaïda.

La Libye a parlé dimanche d'un assaut "planifié par des étrangers entrés dans le pays il y a plusieurs mois". Tripoli mène sa propre enquête, a interpellé 50 personnes et limogé des responsables de la sécurité.

nr/mdm

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