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Attaque anti-américaine à Tunis: un chef salafiste recherché défie la police

17/09/2012 10:58 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Le chef d'un groupe salafiste jihadiste tunisien recherché par la police après l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis a prêché lundi dans une mosquée de la ville, défiant la police qui encerclait les lieux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Seif Allah Ibn Hussein (alias Abou Iyadh), chef du courant "Ansar al-charia" (Partisans de la charia) a prêché dans la mosquée Al-Fatah, exigeant notamment la démission du ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, membre du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement.

Les forces de sécurité, déployées en nombre, sont restées à distance de la mosquée, où se trouvaient des femmes et des enfants, selon une source sécuritaire.

Elles se sont finalement retirées, appelant les fidèles qui se trouvaient dans le mosquée pour la prière de la mi-journée à quitter les lieux sans crainte.

Abou Iyadh a ensuite été exfiltré par une foule compacte de partisans qui ont quitté soudainement la mosquée, échappant ainsi de nouveau à la police qui avait tenté de l'arrêter à son domicile vendredi peu après les violences.

Dans son discours, le chef salafiste a défié le ministre de l'Intérieur.

"Nous n'avons pas peur des menaces du ministre de l'Intérieur", a-t-il dit.

Il a affirmé avoir appelé à une "manifestation pacifique" vendredi dernier contre le film islamophobe "Innocence of muslims" réalisé aux Etats-Unis, et accusé la police d'avoir "provoqué les manifestants sans assurer la sécurité".

Selon lui, "une nouvelle dictature est en train de se mettre en place et le gouvernement se recherche un nouvel ennemi parmi les salafistes".

Son discours était entrecoupé par ses partisans criant "Obama, Obama nous sommes tous Oussama", en référence à Oussama Ben Laden, chef d'Al-Qaïda tué par un commando américain.

"Jihad, jihad" (la guerre sainte), "Nous ne donnerons jamais Abou Iyadh", ont-ils scandé, menaçant les juifs.

L'ambiance était électrique dans les environs de la mosquée située entre deux avenues fréquentées de Tunis et d'où étaient partis de nombreux manifestants vendredi dernier vers l'ambassade des Etats-Unis.

Quatre personnes ont été tuées, dont trois par balles, et des dizaines d'autres ont été blessées lorsque les protestations avaient dégénéré en violences.

kl-Bsh/cnp

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